Mt. XV
3. Ibbeken, ap. IIoltzmann, 223, par référence à I (Àm. vi, l-(i.
4. IX. o : « Que nul ne mange ni ne boive de votre eucharislie, sauf eeux qui ont été baptisés au nom du Seigneur ; car c'est à ce sujet ({ue le Seigneur a dit : Ne donnez pas la chose sainte aux chiens. » D'où est venue la formule ]iturgi(jue : -t. ay.a xoT; iYtO'.ç.
lf: discours sur la montagne 627
munauté chrétienne envisageait les réunions eucharistiques. Ne serait-ce pas dans les communautés que se serait formé le dicton : <( la chose sainte n'est pas pour les chiens », peut-être k l'imitation de la parole adressée par le Sauveur à la Cananéenne, et l'évang-éliste n'aurait-il fait que recueillir une sentence attribuée déjà au Christ? En tout cas, il a en vue une sorte de mystère chrétien, qui n'est pas la simple doctrine de l'Evangile, et c'est ce mystère du culte chrétien dont il défend de livrer la connaissance et, à plus forte raison, la réalité aux païens. Il présente comme une règle de conduite ce dont la Didaché fait un principe de droit cultuel.
Luc a pu ignorer une sentence qui n'a pas dû exister dans le premier recueil des discours évangéli(:[aes ; mais s'il l'a connue, il a pu l'omettre, et moins ii cause de l'idée qu'à cause des mots employés pour la faire valoir. Lui non plus n'aurait pas été d'avis qu'on donnât <( la chose sainte » aux païens, car il aurait bien compris que cette chose sainte n'était pas l'Evangile ; mais il aurait trouvé choquant de désigner les infidèles par les noms de chiens et de porcs.
On cherche vainement une transition régulière entre cette pensée et l'exhortation qui vient ensuite. La moins inacceptable consiste à dire que, la conversion des endurcis n'étant pas à tenter directement, il n'y a d'autre ressource que de la demander à Dieu '. Mais les chiens et les porcs ne figurent pas des endurcis, ils ne figurent que des non chrétiens, à la conversion desquels il n'est pas défendu de s'appliquer, avec une certaine discrétion. L'évangéliste a pu fort bien se passer de transition, et insérer, sans les relier entre eux, une série de bons avis qu'il ne croyait pas pouvoir loger plus avantageusement ailleurs. Dans Luc, l'exhortation à prier fait partie d'une instruction sur la prière ', oîi la parabole de l'Ami importun prépare très convenablement l'invitation à prier. Matthieu, omettant la parabole, pour la raison indiquée plus haut \ a mis les deux autres pièces de l'instruction, ainsi disjointes, en deux endroits différents de sa compilation : l'Oraison dominicale lui aura paru à sa place dans le petit traité des bonnes œuvres, au paragraphe de la prière; s'il n'y a pas mis aussi l'exhortation, c est