‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 523 sur 829 · JiiLiCHER, II · texte numérisé non relu

JiiLiCHER, II

LE DISCOURS SUR LA MONTAGiNE 643

chaque parabole considérée en soi. Matthieu et Luc ont trouvé celle-ci à la même place dans la source, mais elle a dû former d'abord, dans le tradition orale, une instruction particulière. Certains détails de Luc semblent primitifs relativement à Matthieu. La construction de la première phrase, dans le troisième Evangile, g-arde quelque chose du mouvement oratoire ; le contenu même est d'un caractère plus général : venir à Jésus et Tentendre n'est pas une garantie de salut sans la pratique de son enseignement. Matthieu pourrait avoir omis le « venir » comme insignifiant dans le contexte présent de la parabole, et il a écrit : a ces paroles » ', pour que la parabole se réfère expresssément à ce qui vient d'être dit, c'est-àdire à la loi chrétienne que l'évangéliste lui-même a compilée dans le discours sur la montagne Les épithètes de « sage » et de « sot » ^, appliquées respectivement aux deux hommes, ont dû être ajoutées aussi par Matthieu.

Le travail des bâtisseurs est conçu différemment dans les deux relations ^. D'après Luc, les deux hommes ont construit au même endroit; seulement, le premier a creusé le sol jusqu'au rocher, de façon à bàlir une maison solide, et il s'en est donné la peine ; le second a bâti tout à même sur la terre, sans autre précaution. Ces deux manières de travailler correspondent logiquement à la distinction de l'homme qui entend et pratique, et de celui qui entend sans pratiquer. Mais on peut se demander si Jésus a voulu faire porter la comparaison sur l'activité des personnes, et non seulement sur les résultats de cette activité. D'après Matthieu, l'homme prudent a bâti sur le roc, ayant choisi un endroit convenable pour sa construction ; l'homme insensé a bâti sur le sable, en sorte que la solidité des maisons résulte de leur emplacement. Pour être plus simple, cette idée n'en a que plus de chances d'être jjrimitive. Celle de Luc sent un peu la réflexion. Jésus a voulu dire que la seule foi solide et consistante est celle qui agit ; l'autre succombe à la première difficulté : donc celui qui croit et pratique est comme un homme qui a bâti sur le roc ; celui qui entretient son esprit de la

1. V. 24. r.ii ojv o'j-'.i àzoûs'. aou TOJ; Àoypuç -oûtou;. Le, 47. àzojwv [aou twv Ào'ywv.

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