Cf. AcT. III
A. Loisv. — Les /ùvuK/fie.s si/noptiques. 42
Matth. si, 2-19. Luc, vii, 18-35
Après la g-uérison du fils du centurion, Matthieu raconte celle de la belle-mère de Pierre, et plusieurs autres faits que Marc et Luc ont déjà signalés ou qu'ils rapporteront plus tard. Bien que les rapports chronolog-iques soient partout assez incertains, Tordre de Matthieu est ici particulièrement artificiel ; celui de Luc est fondé sur Marc, le rédacteur du troisième Evang-ile introduisant le message de Jean-Baptiste après l'histoire du centurion, et subordonnant à ce message l'histoire du jeune homme de Nain. Matthieu ne pouvait placer l'incident si près du discours sur la montagne, quand il n'avait raconté encore qvie deux miracles. Il l'a renvoj'é après la mission des apôtres, tandis que, dans Marc et dans Luc, c'est le récit de la mort de Jean qui suit cette mission. La substitution ne doit pas être accidentelle : Marc n'ayant pas le message, Matthieu a mis cet incident à la place que le second Evangile assigne à la mort; puis il a rattaché la mort de Jean à l'affaire de Nazareth, qui précède dans Marc le discours de mission. Ces transpositions ne font que brouiller la perspective, attendu que la mort et, par conséquent, le message de Jean sont antérieurs à la mission des apôtres.
Matth. xi, 2. Et Jean ayant en- I^uc, vu, 18. Et les disciples de
tendu parler, clans la prison, des Jean lui annoncèrent tout cela; et
œuvres du Christ, lui envoya 3. ayant appelé deux de ses disciples,
dire par ses disciples : a Es-tu Jean 19. envoya dire au Sci;^neur :
celui qui vient, ou en attendrons- « Es-tu celui qui vient, ou en atteii-
nous un autre? )) 4. Et Jésus, répon- drons-nous un autre? » '20. Et les
dant, leur dit : << Allez rapporter à hommes, étant venus le trouver,
Jean ce que vous entendez et voyez : dirent : « Jean le Baptiste nous a
5. Les aveugles voient, les boiteux envoyés vers toi, disant : Es-tu
marchent, les lépreux sont purifiés, celui qui vient, ou en attendrons-
les sourds entendent, les morts nous un autre ?» 21 . A cette heure.
LE MESSAGE DE JEAN-BAPTISTE 6o9
ressuscitent, les pauvres sont évan- il f>uérissait beaucoup de gens de gélisés. 6. Et bienlieureux est celui maladies, d'infirmités, d'esprits qui n'est pas scandalisé à mon mauvais, et il donnait la vue à plusujet. » sieurs aveugles. 22. Et répondant,
il leur dit : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu :
les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés. 23. Et bienheureux est celui qui n'est pas scandalisé à mon sujet. »
Le préambule de Matthieu doit reproduire plus exactement que celui de Luc la donnée de la source, qui expliquait le messag-e de Jean par la connaissance de la renommée de Jésus'. Luc, préoccupé de rattacher le mi^ssage aux faits qu'il vient de raconter, surtout au miracle de Nain, exploite la mention des disciples, et commence par dire, selon la vraisemblance, que c'étaient les disciples mêmes du Baptiste qui lui avaient raconté les miracles du Sauveur ; après quoi, il fait désig-ner par Jean deux messag-ers qui devront aller demander à Jésus s'il est le Messie. Le dédoublement de la donnée primitive apparaît en ce que la première indication n'est pas en harmonie parfaite avec la seconde, d'oîi elle a été déduite. Quant au nombre des envoyés, on ne voit pas pourquoi Luc le lixe à deux-, à moins que ce ne soit par imitation de ce que lui-même dira des disciples de Jésus •^.
1. V. 2. à/.o'jaa; èv Toi 0£<jafoXT,pû;) -à 'spya toy XotatoS. D (Se), xoO 'Ir^'iou. Mais c'est avec intention que Matthieu dit « œuvres du Christ » (Wellhausen, Mt. S2.
2. V. 18. y.ai. -poay.a/,=7â[j.£vo; ôuo T'.và; xtov aaôrjTojv aùroO 6 'IwâvT,ç 19. ï~c>j.ii'j xxX. Mt. 2. -£(n!/aç ôtà tojv [xaôriTwv aùroj (nBCD ; la leçon des anciens mss. lat. et de Ss. Se. : « envoyant ses disciples » peut n'être qn'une traduction libre/. Les mss. plus récents et le texte reçu lisent Sûo pour Sia, sans doute par l'influence de Luc. On peut se demander si Luc lui-même n'a pas pris 8ta pour 8ûo. Le commencement du v. 17 se lit dans D : âv o{; xaî [-iH/pt 'Iwavou tou jîaTX-ta-ou, o; y.al à-oxaÀscrâaEvo; y.TÀ. Cf. xii, 1, même construction (mais non dans D).