‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 543 sur 829 · LXI · texte numérisé non relu

LXI

ressuscites, c'est ce qui répug-ne autant à son attitude g^énérale et à son caractère qu'à la réalité des faits. L'attitude des évangélistes en présence de l'assertion relative aux morts ressuscites éclaire d'un jour tout particulier l'état de la tradition historique. Matthieu s'est contenté du cas raconté dans Marc ; Luc. supposant que ce fait était postérieur au message du Baptiste, en a cherché un autre, et paraît avoir eu quelque peine à le découvrir. Les guérisons d'aveugles n'ont pas été non plus très nombreuses. 11 est inconcevable que Jésus ait pu parler de cas exceptionnels comme étant les manifestations ordinaires de son activité. Gomme il ne se portait pas de lui-même à faire des miracles, il n'a pas dû les étaler i, bien moins encore a-t-il pu les exagérer, en les présentant comme des actes messianiques et des manifestations évidentes du règne de Dieu. Sans doute, quand on l'accuse de chasser les démons par Beelzeboul, il sait que répondre - ; mais les guérisons de démoniaques sont des miracles d'un genre tout particulier, que l'Evangile conçoit comme faits d'ordre spirituel. Jésus lui-même y voit une manifestation de la puissance divine, mais non un signe comme les pharisiens en demandent; et il n'en dit rien dans sa réponse à Jean. Ou bien cette réponse procède d'une tradition qui n'avait plus le sentiment juste soit de la place que les miracles avaient tenue dans le ministère de Jésus, soit de la façon dont luimême les avait envisagés ; ou bien l'on aura pris de bonne heure à la lettre les métaphores dont Jésus s'était servi pour décrire son activité spirituelle en s'inspirant d'Isaïe. Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable, puisqvie le texte de la réponse a préexisté aux combinaisons rédactionnelles que les évangélistes ont adoptées pour la justifier, et que la tradition primitive ne se serait pas suscité d'embarras à elle-même en prêtant au Sauveur un discours en contradiction avec les faits connus.

Le discours, si l'on fait abstraction du cadre préparé par les rédacteurs, peut s'entendre aisément des fruits spirituels de la prédication évangélique ■% et la réponse faite à la question du Baptiste

1. Cr. Me. V, 43 (Le. VIII, 36). Il n'y a pas lieu d'alléguer en sens conlraiip la mise en scène du miracle de Naïn, qui est due à l'évang-éliste.

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