Cf. .su/}/-, p. 671, n
A. I.oisv. ^ Lex Eviinçjilea synoptiiiuex. 43
674 LES évanCtILks synoptiques
faisant valoir le rôle du Baptiste, qu'il identifie à Elie '. Ce trait vient en surcharge ', et a été importé d'un autre contexte ^ La mention des prophètes a rappelé à Matthieu le dernier d'entre eux, et la prédiction relative à Elie ; mais il semble faire une réserve sur cette application, qu'il emprunte à Jésus lui-même : Jean est Élie, si on veut l'entendre ainsi '', Comme il na jamais ailleurs u-rand souci du sens littéral, on peut croire qu'il tient ici à g^arantir une interprétation traditionnelle du passage qu il en a vue. On conçoit difficilement que Jésus ait allég'ué de la sorte une prophétie, en laissant entendre qu'on pouvait la contester. L'application à Jean se fait en vertu d'un sens mystérieux qui ne met pas obstacle à un autre accomplissement, l'apparition d'Elie à la lin des temps. Cette croyance apocalyptique étant réservée, l'évangéliste, pour attirer l'attention sur le sens profond de la prophétie relativement à Jean, anticipe la parole qui se lit après la parabole du Semeur : « Qui a des oreilles entende " ».
Au lieu de ces considérations, qui avaient perdu pour lui de leur importance, et qu'il se proposait d'utiliser sommairement ailleurs, Luc amène une remarque sur l'accueil fait par les pharisiens et par les publicains à la prédication de Jean. Dans la forme que lui a donnée l'évangéliste, ce morceau est surajouté, mal joint au contexte. Le même thème est traité ailleurs dans Matthieu '', de façon beaucoup plus satisfaisante, comme application de la parabole des Deuxlils : cette disposition doit venir de la source, mais non la place assignée au tout dans le cadre historique de la dernière semaine. 11 est possible que Luc ait trouvé la parabole et son appendice parmi les autres propos de Jésus qui étaient relatifs à Jean ^. et que Matthieu ait jugé bon de les renvoyer plus loin, dans un endroit où il était encore question du Baptiste. Luc aura négligé la parabole, avant aussi deux fils dans dans l'histoire du prodigue, et il en aura substitué la leçon morale aux réflexions qu'il voulait transposer, en l'adaptant maladroitement au jugement porté sur Jean-