Cf. II, 12; V, 42; vi
2. Luc a ce trait anticipé eu queli[ue façou dans sou récit de Jésus à douze ans. Cf. supr. p. 381.
3. Me. 22. D.Eyo; ox'. BîeX!^c[5ojX ïyn xxl ort iv ko àp/ovr; twv oaijAOvî'DV ky.[-iy.)J.v. ri 8atu.ovia.
BEELZEISOUL 699
n'aurait pas pris tant de consistance dans leur esprit, et ne se serait pas affirmée avec tant d'assurance dans leurs discours, si la doctrine et la conduite du Sauveur avaient été plus conformes à leur enseig^nement et à leurs pratiques. Mais trop étroits d'esprit et d'âme pour comprendre Jésus, trop étroits de cœur pour lui pardonner de n'être pas avec eux, répugnant à admettre qu'il pût être envoyé de Dieu, ils n'avaient, dans le répertoire de leur théologie, pour expliquer son ascendant et ses miracles, qu'une hypothèse, l'intervention diabolique, Satan chassant lui-même les mauvais esprits ses subordonnés. Si misérable qu'elle nous paraisse, la conjecture pouvait les satisfaire eux-mêmes, et surtout elle avait chance de prendre sur la masse ig-norante et crédule.
Matthieu et Luc rapportent ce propos à l'occasion d une guérison particulière, et Matthieu a même deux récits qui aboutissent à une conclusion identique. Celui ([u on trouve d'abord, pour terminer la série des miracles qui suivent le discours vSur la montagne, contient la guérison qui, dans Luc, introduit la réponse aux pharisiens; et le second, qui amène cette réponse, présente une si grande analog-ie avec le premier, que l'on peut vraisemblablement soupçonner le rédacteur d'avoir reproduit deux versions du même fait, ou dédoublé un récit primitivement unique ', la première relation étant destinée à représenter, dans les dix miracles racontés après le discours sur la montagne, les guérisons de possédés, et la seconde étant une reprise du même thème, en guise d'introduction à la dispute avec les pharisiens. Il paraît certain que la source commune de Matthieu et de Luc ne contenait qu'un seul récit, celui que Matthieu a rapporté d'abord, qui est aussi dans Luc, et que suivait la réponse aux pharisiens. Le premier récit venant api'ès l'histoire de deux aveugles, lévangéliste dit que le sourd-muet fut présenté à Jésus quand les deux aveugles furent partis : artifice de rédaction que l'on aurait tort de transformer en donnée historique. La scène paraît localisée à Capliarnaûm. Aucune indication de lieu ne se trouve dans le second récit ; c'est le mot « alors » qui sert de transition, rattachant cette guérison à une quantité d'autres, signalées en général, et qui se sont accomplies dans un endroit non déterminé. Le démo-
1. HoLTZMANN, 242. Le possédé souid de Mr. ix, ;^2-34, remplace le sourd de Me. VII, 82-37. Le sourd-aveugle de Mt. xii, 22, est comme la synthèse des aveugles de ix, 27-31 et du sourd de 32-34. Welliiausen, Mt. 43-44.
niaque du premier récit est sourd-muet ; celui du second est muet et aveugle ; mais le détail de la cécité vient pour ditlerencier les deux anecdotes. En décrivant la g'uérison, Matthieu dit que « le muet parla et vit » ; il s'exprime ainsi parce que la source ne connaissait que le muet et non l'aveugle ' Les réflexions qu'il attribue aux assistants -, au lieu de dire simplement avec Luc, qu'ils furent dans l'admiration, ont aussi pour objet de déguiseï* la répétition. Peut-être la parole des pharisiens avait-elle été omise pour la même raison dans le pi^emier récit '^ : si Matthieu l'y a maintenue, ou si on l'a ajoutée, c'est sans doute en vue de l'allusion qu'y fait le discours de mission ^.
Le récit de Luc commence d une façon tellement abrupte que 1 On pourrait se demander si le narrateur a voulu éviter toute transition, ou si l'on n'aurait pas supprimé celle qu'il avait mise ' ; mais il s est borné à coordonner ce récit au précédent. De la comparaison de son texte avec celui de Matthieu il résulte que la source parlait d'un démoniaque muet, dont la guérison provoquait l'admiration de la foule. Si les pharisiens ne sont pas nommés, c'est peut-être que la source ne les mentionnait pas : Matthieu aurait subsitué aux détracteurs anonymes les pharisiens, et Marc les scribes de Jérusalem '' L évangéliste rattache la demande de signe ' à la parole sur Beelzeboul, non parun simple artifice littéraire, afin de subordonner h une
t. Il semblerait d'aliord que la cécité soil 1 inlirmité principale (v. 22,i : totï roo-jTivr/Oïj aJTto oatjjLOvtrdtjLevo; tjçào; /.ai /coociç. Mais le rapport est retourné dans la suite : xal ÈSspaTceuaev ayxôv, oiais ztoœôv XaXsïv zat [iXÎTZtiy. Ce " sourd qui voit » n'est pas une simple maladresse du rédacteur, mais une preuve de l'embarras où il s'est mis en compliquant le récit.
2. Pour IX, 33, cf. Me. ii, 12 ; mais le rédacteur a modifié le texte de Marc en imitant le langage de l'Ancien Testament, xii, 23 reproduit ix, 27, qui anticipe M(\ X, 47-48 (Mt. XX, 30-31, l'aveugle de Jéricho). Me viii, 28 (Mt. xvi, 14), montre que le peuple faisait toutes sortes de suppositions au sujet de Jésus, mais on n'imaginait pas qu'il fût le Messie. La masse ne s'élevait pas jusqu'au doute de Jean (Mt. xi, 3). Noter que ÈrbTavTO, Mt. xii, 22, paraît être un écho de Èrj^T/i, Me. m, 21.