‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 583 sur 829 · VII. 16-20 ;supr. p · texte numérisé non relu

VII. 16-20 ;supr. p

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fait de bon fruit • ». De même l'apostrophe, qui veut relever cette seconde partie du discours au ton de la première, et qui l'a exag'éré en voulant l'égaler, se trahit comme un complément rédactionnel- La suite naturelle de l'instruction est celle qu'on trouve dans Luc '-.

En ayant égard seulement à ce qui précède, on pourrait croire que Jésus, continviant son argumentation contre les pharisiens, leur reproche de n'être pas logiques, parce qu'ils porteraient sur sa personne un jugement qui serait en contradiction avec la bonté de ses œuvres ; mais cette explication est écartée par l'ensemble du contexte, les pharisiens n'admettant pas que les œuvres de Jésus vaillent mieux que sa personne. L'argument, d'ailleurs, serait abstrait et subtil. Ce sont les pharisiens qui sont visés dès l'abord. Si l'arbre est bon, le fruit est bon : les ennemis de Jésus ne peuvent donner de bons discours, émettre des jugements conformes à la vérité, à la justice et à la charité, parce que leur cœur est mauvais. Ce sens résulte clairement de l'apostrophe où Jésus déclare les pharisiens incapables d'une bonne parole. La sentence générale : « car la bouche parle de l'abondance de cœur », fortifie cette assertion ; primitivement c'était la conclusion de ce qui est dit sur le trésor du cœur, d'où sortent le bien et le mal-^

Cet enseignement touchant les paroles se complète par une déclaration sur le compte que les hommes rendront k Dieu de leurs discours au jour du jugement, soit que Matthieu lait trouvée telle dans la source, soit qu il l'ait prise ailleurs ou tirée de son propre fond. Le défaut de parallèle dans Luc n'est pas un argument décisif en faveur de la dernière hypothèse, attendu que la sentence concernant la parole inutile a pu être omise comme embarrassante ou obscure. D'après la signification ordinaire du mot, les paroles « inutiles » seraient celles qui, n étant justifiées par aucune raison morale, sont de nul fruit pour qui les dit et qui les entend; on en rendrait compte au tribunal de Dieu, parce que toute parole représente une pensée, un mouvement de l'âme. Cette idée paraît avoir été celle de l'évangéliste ; mais on peut douter que ce soit le sens primitif de la sentence et la pensée de Jésus. Déjà quelques anciens

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