‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 585 sur 829 · Cf. Le. XIX · texte numérisé non relu

Cf. Le. XIX

Matthieu a vu dans cette description une parabole dont l'application concernait les Juifs : il en serait des contemporains de Jésus comme dun possédé qui, provisoirement débarrassé de son démon, retomberait bientôt dans un état pire, avec huit démons qui se fixeraient définitivement en lui. Poussant l'application de la parabole en allégorie, les commentateurs se sont demandé à quelle époque on peut dire que le peuple juif a été soustrait à l'influence diabolique, et les uns remontent jusqu'à Moïse, ou seulement aux prophètes, à la captivité ; d'autres s'arrêtent à la prédication de Jean et aux débuts de l'Evang-ile '. On a cherché aussi, fort inutilement, une signification aux autres détails du tableau. L'évang-éliste s'en tenait à la comparaison, et c'est lui-même qui la fait, la proposition finale : « Ainsi en sera-t-il de cette g-énération mauvaise - », qui manque dans Luc, ayant été ajoutée par Matthieu afin de rattacher ce morceau à la menace contenue dans les paroles concernant Jonas et la reine de Saba. Mais, si l'on voit bien une correspondance quelconque entre l'irrémédiable incrédulité des Juifs, qui seront accablés, au jugement dernier, par le témoignage des Ninivites pénitents ou celui de la reine de Saba, et la situation de l'homme abandonné aux démons qui le possèdent, le texte et l'histoire de l'exégèse montrent clairement que la guérison provisoire du possédé n'a aucun parallèle. Cette adaptation boiteuse n'est pas le sens primitif du discours.

• Luc reproduit le fragment comme il l'a trouvé dans la source, mais il le donne avant la réponse aux demandeurs de signe. On peut croire qu'il n'a pas fait de transposition, et que la source amenait ce récit de possession après la réponse de Jésus à ceux qui l'accusaient d'être lui-même possédé. Le rapprochement ne se fondait pas sur la coordination logique des deux morceaux, mais sur ce que, dans tous les deux, il était parlé de possession. Dans le troisième Evangile, ou tout au moins dans sa source immédiate, après la parole : « Qui n'est pas avec moi est contre moi », l'idée sousentendue paraît être que quiconque ne s'attache pas entièrement à Jésus devient son ennemi et tombe dans la réprobation finale, nonobstant l'intérêt qu'il a pu prendre à sa parole, et le fruit qu'il

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