ïjXôsv œj-zo-j b v/Ooâç. Ss. : c l'ennemi
0. JùncHER, II, 548. Beaucoup de commentateurs n'hésitent pas cependant à la désigner, et indiquent le lolium temulentum.
6. V. 26. o-£ Oî IpXàa-riCTïV ô x opTo; zaî -/.(xpr.rr/ è-ot'riaîv. Ce fruit ne peut être le grain mûr, puisque la moisson est encore éloignée (cf. Me. iv, 28). Mais le sens de la formule est à chercher plutôt dans l'allégorie.
LES PARAliOLES 767
herbe, s"apei\*oivent de sa présence. La façon dont ils en avertissent le maître manque peut-être de naturel, surtout par la liberté du ton. Leur pi-emière question : « N'as-tu pas semé du bon g-rain dans ton champ? » n'est que pour la forme, et la vraie question est la seconde : « D'où vient l'ivraie? » Le tout n'est que pour amener la réponse du maître, et attirer l'attention sur le personnag-e de l'ennemi. Dans la pratique ordinaire de la vie ag^ricole, on ne se demande pas d'où viennent les mauvaises herbes, car elles poussent toutes seules, sans que personne les sème. La réponse du maître est plus circonspecte que la question des serviteurs. 11 dit, sans autre explication : « Un homme ennemi a fait cela. » Le lecteur sait à quoi s'en tenir sur l'ennemi et ses agissements; mais le maître ne dit pas à ses gens comment il a été instruit de ce qui s'est passé. L'assurance de ses propos écarte l'idée d'uneconjecture ; et pourtant, dans l'économie de la parabole, il ne ferait qu'une hypothèse, nul n'ayant vu l'ennemi semer l'ivraie. On remarquera c[ue la conversation ne se tient pas auprès du champ, mais à distance, dans la maison du propriétaire.
Les serviteurs otTrent daller enlever ' l'ivraie en l'arrachant. Le maître s'y oppose : les racines de l'ivraie sont mêlées à celle du froment; en arrachant lune, on ferait tort à l'autre; mieux vaut laisser le tout croître encore et mûrir Au temps de la moisson, le maître dira aux moissonneurs d'exécuter ce que les serviteurs avaient l'idée de faire maintenant ; pour éviter le mélang-e de l'ivraie avec le blé, il prescrira de ramasser d'abord l'ivraie à part et en bottes pour la brûler, après quoi l'on n'aura c[u"à recueillir le blé pour le mettre au g'renier. Inutile de dire ce que l'on fera du blé, car chacun le sait, et, pour le symbolisme que l'évangéliste aen vue, la destination ordidinaire du froment n'a pas de signification. Celle de l'ivraieen aune, qui sera expliquée plus loin, et qu'il ne faut pas obscurcir ici en supposant que le feu marque un emploi utile de l'ivraie : les bottes sont faites pour la commodité de l'exécution, non pour la conservation provisoire d'un combustible économique. Le récit ne va pas plus loin: c'est que la moisson dont on parle est encore à faire, comme on le verra dans l'explication de la parabole.
l. V. 28. OÉÀït; ojv à-îXOdvTî; ayÀXÉÇ'oaiv aùtâ; On voit par la suite qu'il s'agit frari-acher. La variante Izpii^fÔTfoji.sv, que Resch (II, 146) a recueillie dans Epiphane, est explicative et prise du v. 29, où Tj'/J.b-ovzzç confirme tTjÀÀï^'oasv au v. 2S.
Avant de donner cette explication, Matthieu rapporte, conformément à Marc, la parabole du Sénevé, en y joignant la parabole du Levain, comme elle est dans Luc.
Marc, iv, 30. Et il Matth. xiii, 31. 11 Lcc, xiii, 18. Il dit
dit : « A quoi compa- leur proposa une autre donc : « A quoi res-
rerons-nous le royaume parabole, disant : « Le semble le royaume de
de Dieu, et en quelle royaume des cicux est Dieu, et à quoi le com-
parabole le mettrons- comparable à un grain parerai-je? 19. Il est
nous? 31. Il est comme de sénevé, qu'un comparable au grain de
un grain de sénevé, qui, homme a pris pour le sénevé qu'un homme a
lorsqu'on le sème en semer dans son champ ; pris pour le jeter dans
terre, est la plus petite 32. c'est la plus petite son jardin; il a grandi
des semences qui sont de toutes les semences, et il est devenu un
sur la terre; 32. et et, quand il a poussé, il arbre, et les oiseaux du
quand il a été semé, il est plus grand que les ciel s'abritent dans ses
monte et devient plus lég-umes, et devient un branches. »
grand que tous les lé- arbre, en sorte que les
gumes, et il pousse de oiseaux du ciel viennent
grandes branches, en s'abriter dans ses
sorte que les oiseaux du branches. »
ciel peuvent s'abritei' sous son ombre. »
Les formules interrog-atives qui précèdent, dans Marc et dans Luc, la parabole du Sénevé sont omises par Matthieu, comme ne convenant pas à un discours suivi ni à une parabole qui n'est pas plus importante que celles qui la précèdent. Matthieu fera de même pour la parabole du Levain, qui est introduite dans Luc par une question du même genre. Ces interrogations n'ont, en effet, de raison d'être que pour amener des paraboles isolées. Mais de leur présence dans Marc et dans Luc on peut inférer que Marc a emprunté la parabole du Sénevé à une source où elle ne comptait pas comme partie d'un discours, et se présentait comme un enseignement complet en lui-même; rien ne prouve qu'elle fût isolée d'autres paraboles, et que celle du Levain ne se lût ensuite, comme un autre morceau indépendant, d'objet analogue; les trois Synoptiques peuvent dépendre ainsi de la même source, où Marc aura pris la parabole du Sénevé en négligeant celle du Levain; Matthieu, gardant la parabole du Sénevé à la place que lui avait assignée Marc, j ajoute d'anrès la source, celle du Levain, en négligeant les