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formules d'iiiteirogation; Luc ue juge pas à propos de garder l'ordre de Marc, laisse isolée la parabole du Semeur, qu'il peut avoir trouvée telle dans une autre source que Marc, et rapporte dans un autre contexte, d'après la source commune, les deux paraboles avec leurs introductions particulières. Il les loge un peu au hasard, après une question sabbatique, et elles sont censées dites dans une synagogue '. Peut-être est-ce par une sorte de compensation que Matthieu t'ait précéder le discours de Jésus d une formule plus développée que de coutume.
11 est impossible de dire laquelle des trois rédactions se rapproche le plus de la source, pour le corps du récit, dans la parabole du Sénevé : Marc dit (|ue la graine du sénevé est la plus petite semence, et Matthieu a pu le répéter après lui ; mais il se peut également que le trait vienne de source, et que Luc 1 ait omis avec intention ; Matthieu et Luc saccordant à dire que le sénevé devient arbre, telle était sans doute la leçon de la source, et Marc a mieux aimé l'interpréter en disant que le sénevé « pousse de grandes branches ».
Dans la double interrogation de Mare et de Luc on saisit le mouvement communicatif de l'orateur annonçant la parabole : " Comment comparerons-nous le royaume? » c'est-à-dire : " en quelle comparaison le mettrons-nous -? » ainsi que le dit la seconde question. La leçonde Luc : « A quoi comparer, à quoi comparerai-je -^7 » a chance d'être une correction, pour que Jésus n'ait pas l'air d attendre quelque secours de son auditoire. C'est la première question qui demeure dans la pensée de Marc, et à laquelle se rattache la parabole '. Si l'on regarde comme primitif le simple récit de Luc : '< Il est comparable au grain de sénevé qu'un homme a pris pour le jeter dans son jardin ' », on admettra que Marc amplitie et dramatise la description; cette hypothèse est favorisée par la toui-
i. Lt. XIII, 10. Ou no voit pas bien le lappoii (|Ui' l'évaugélisle élablil entreles paraboles et le miracle qui précède, et l'on pourrait presque se demander s'il n'a pas inleipiété en allégorie la g-uérisoii «le la femme et la joie du peuple, eonnne fif^uraat les mêmes progrès de l'Evangile que les pai'aljoles.
2. V. 30. -foç rj'xouôiijij.î'/ T/jV plaa'.Xeîav toj Oeoû, t] Èv ~ivt aùx/iV TtaoafioÀi^ 6(o;x£v ;
3. V. IS. t;v'. ôao;i ÈaT'.v f, lîaiiÀîia rou OaoO. "/.aï tt'v. ôao'.fôa'o autrjv : i-. ^ . 31. <'i)ç y.'ty.y.'o iiva-c');, xtÀ.
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A. I,<iis>. — Les Evanifiles synopl'ufuea. '«!•
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nure quelque peu exubérante de la phrase : " comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le jette en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre. >> L'indication précise du <( jardin >i vient de source, d'autant que Luc n'emploie pas ce terme ailleurs, qu il ne parle parle pas ici de plantes potagères, et que le i< champ » de Matthieu, terme plus vague, correspond au jardin de Luc. C'est probablement à cause de ce jardin, dont il ne dit rien, que Marc parle ensuite de tous les légumes, comme il remplace 0 larbre > par les (c grandes branches » ; sans indiquer où le sénevé a été semé, il tait valoir le contraste de la plus petite de toutes les semences avec le plus grand de tous les légumes. « Les oiseaux du ciel )) peuvent s'abriter « sous son ombre » ; Matthieu et Luc, qui ont parlé d'arbre, disent plus naturellement (* sous ses branches > '. Les évangélistes entendent par sénevé la plante ;i moutarde -, qui peut atteindre en Palestine une hauteur- considérable, et rien n'autorise à penser que Luc n'aurait pas eu sur ce point la même idée que Marc; la |)lanteest qualitiée d'arbre à cause de ses proportions '', non par manière de détinition botanique. 11 va une hyperbole dans la désignation du sénevé comme la plus petite de toutes les graines; mais s'il existait un dicton sur la petitesse du grain de sénevé, il ne pouvait se raj)porter (ju à la plante, qui est commune, non à l'arbre ', qui est rare, et 1 on peut en dire autant pour la parabole. La comparaison ne porte pas sur le sénevé, mais sur le développement extraordinaire de cette plante. De même que le grain de sénevé lorsquOn le jette en terre, le royaume de Dieu est presque im|)erceptible dans son commencement, mais il giandira. et sa merveilleuse expansion paraîtra tout à tait disproportionnée avec Texiguité de ses débuts, (^e n'est pas la foi ni 1 Evangile qui peuvent être comparés à un arbre, ou bien il faut dire que l'Flvangile est le royaume prêché, et le développement linal du royaume l'Evangile accompli. L'attention ne se porte pas sur le caractère progressif du développement, mais sur la différence extraordinaire du point de départ et de la lin. Bien ((ue Luc n'insiste pas sur la petitesse du