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77 i LES ÉVANGILES SVNOPTKJL'KS
septénaire. On voit que le rédacteur du second P^vangile connaît (( un grand nombre de paraboles' ». Il observe (jue Jésus instruisait parce moyen ses auditeurs, « selon que ceux-ci pouvaient entendre' », et si la notice s'arrêtait là, on pourrait penser qu'il comprend et indique le but réel des paraboles. Mais telle n'est pas l'idée de celui qui a écrit ensuite : (< et il ne leur parlait pas sans parabole, mais il expliquait tout en particulier à ses disciples '• » : car cette remarque se réfère évidemment à ce qui a été dit plus haut touchant le caractère aveug'lant des paraboles. Le Christ ne dit rien au peuple sans parabole, parce que le peuple ne doit pas savoir le mystère du royaume, et il explique tout en particulier à ses disciples, parce qu'il leur a été donné de pénétrer ce mystère. Pour entrer dans l'esprit du dernier rédacteur, il faut admettre que i< selon qu'ils pouvaient comprendre » se rapporte aux >< entendauts qui ne comprennent pas )i, et signitie un discours adressé aux oreilles, non à l'intelligence des auditeurs. Interprétation artiticielle, la formule « selon qu'ils pouvaient entendre » ne comportant pas la distinction qu'on est obligé de faire entre l'audition et l'intelligence : s'il s'agit d ouïr, « selon » n'a aucune raison d'éti'e, car, en ce sens-là, les auditeurs n'entendent pas à moitié; et si la possibilité de comprendre est admise, l'audition cesse d'exclure l'intelligence. Comme la rédaction du Semeur avec son commentaire est fort compliquée, la conclusion du discours des- paraboles doit correspondre aux deux dernières étaj)es de cette rédaction.
Dans la source où le premier rédacteur du discours a pris les paraboles, celles-ci n'étaient sans doute accompagnées d'aucune introduction historique ; le rédacteur aura créé la mise en scène, en joignant à la parabole du Semeur une exjdication qui dérange l'économie du discours, mais qu'il n'a pas su amener avec plus d'habileté, aimant mieux la rattacher directement à son texte, que de la renvoyer après les autres paraboles, en lui créant un cadre particulier, comme a fait Matthieu pour son explication de l'Ivraie; suivant ce rédacteur, les paraboles sont simplement difficiles à entendre, même pour les disciples, et c'est conformément à cette