Mt. \iii, I î
778 I.ES ÉVANGILlîS SYNOPTKjUES
demandent rexplication dune parabole particulière : et cette demande prend la place de la notice de Marc sur les explications que Jésus avait coutume de donner aux disciples en particulier. Mais, pour le fond, l'interprétation de l'Ivraie correspond bien mieux que celle du Semeur au texte de la parabole: car, si lévang-éliste n'avait pas donné ce commentaire, on pourrait le restituer tout entier, parce ([ue la parabole ne comporte pas d'autre sens, et qu'elle est une véritable allégorie. 11 nv a pas lieu d opposer à cette conclusion la formule initiale : c Le royaume des cieux ressemble à un homme », ni la formule de comparaison qui est employée dans l'explication même : " connue livraie est ramassée et brûlée, ainsi en sei"a-t-il k la lin du monde. » Le schéma traditionnel des paraboles s est imposé à l'évang'éliste. et celui-ci est encore dominé, sans en avoir conscience, par |le sentiment de ce que les paraboles ont été dans la réalité '. Tous les traits du récit n'en ont pas moins une sig-nitîcation allégorique, et l'histoire n'est vraisemblable que si on l'entend ainsi.
Le semeur est le Christ lui-même, " le F'ils de Ihomnie >■. L'emploi de ce titre messianique à une époque peu avancée du ministère galiléen aurait de quoi surprendre \ si le discours avait été réellement tenu par .Jésus. Le champ est le monde, non les puissances ennemies de Dieu, mais le monde humain, les hommes, sans distinction de Juifs et de (lentils. (]e trait dépasse donc de beaucoup la perspective évangélique : Jésus n'a semé la parole qu'en Palestine. La bonne semence, n'est pas précisément la parole, mais, comme pour l'explication du Semeur, que Matthieu continue d'imiter, les hommes qui ont entendu la parole, ici les viais tidèles, les « tils du royaume >, ceux qui appartiennent au royaume du Fils de l'homme et qui y ont droit '. L'ivraie désig-ne les enfants du diable ', semés par lui dans le champ du (Jlhrist : ces « fils du malin » ne sont donc pas les Juifs ou les païens incrédules, mais les mauvais chrétiens, que Satan a suscités à son image pour gêner l'teuvre du salut, scandaliser les faibles, troubler la paix des com-