I. IV
7i)4 LES ÉVANC.ILES SYNOPTIQLKS
vaut mieux rahaudonner pour quelque temps, et porter la houue nouvelle à d'autres. Sa décision paraît subite, puisque les disciples n en ont pas été avertis; pour se conformer à sa volonté, <( laissant la foule » devenir ce qu'elle pourrait, " ils emmènent » Jésus « comme il était dans la barque ' ", cest-à-dire, sans autres préparatifs ou forme de congé. S'il avait été à terre, il n'aurait pas pu se retirer aussi facilement. Quelques barques essaient de le suivre, et l'on pourrait supposer qu'elles n'allèrent pas loin, puisqu'il n'en est plus question dans le récit de la tempête ; mais il est possible aussi. YU la brièveté de la narration, que l'évangéliste ait signalé leur départ pour faire entendre que le miracle de la tempête apaisée avait eu d'autres témoins que les disciples. Cette transition paraît, d'ailleurs, comme il arrive souvent, être l'œuvre du rédacteur-'. On dirait que, dans le récit primitif. Jésus était à terre, et r(^cueilli par les disciples, qui étaient dans la barque.
Tout autres sont les préliminaires dvi récit dans le premier Evangile. En descendant de la montagne où il a prononcé son grand discours, Jésus a guéri un lépreux, puis le iils du centurion de Capharnaùm et la belle-mère de Pierre; le soir venu, il a opéré encore beaucouj) d'autres miracles, et, comme la foule qui s'est assemblée lui devient importune, il se résout à franchir le lac de Tibériade. L'évangéliste ne prend même pas la peine de diie que Jésvis se rendit auprès de la mer. et, d'après Marc, il le montre donnant l'ordre de passer à l'autre bord, comme s'il était déjà dans la barque. Mais, un peu plus loin, on s'apercevra que le Sauveur n'y était pas encore : avant d'y monter, il a fait d'importantes déclarations à deux personnes '^ dont l'une manifestait l'intention de s'attacher h lui. et dont il appelait l'autre à sa suite. Combinaison artificielle, greffée sur combinaison artificielle. Les paroles que Matthieu rapporte se trouvent dans Luc ^ où elles sont
1. V. ;i(j. y.ai. àç-r/Ti; tov o/Àov -i.'j%\i.'i.'ji'i'ij'jvi v:j-(i't fo; y^v :v tjo Tr/.o'.fi).
2. (]f. "VVem-haisen, Me. 38, où l'on remarque avec raison que o)ç r|V, v. 36, est une suture maladroite destinée à cacher que le point de départ de la présente anecdote notait pas originairement celui qui est décrit dans Me. iv, 1. Peut-être ce récit de tempête se rattachait-il d"al)ord à celui de la seconde mulliplicalion des pains fct'. Mr.. vin, 9-10), comme son doublet, Jésus marchant sur les eaux i Me. vi. V.\-^\ i, se rattache, à la première.