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LA TEMl'KTE 795
reliées aussi à un départ, mais au déjiarl pour la Judée. Dans le recueil des discours, elles étaient conservées pour elles-mêmes. Matthieu et Luc les ont rattachées à un voyag-e, parce qu'on y lisait d abord : ^ Je te suivrai partout où tu iras ». On peut croire que la combinaison du troisième Evangile est aussi arbitraire que celle du premier, mais elle est moins mal réussie, puisqu'elle ne désorg^anise aucun récit de Marc pour y introduire le morceau de lautre source. L accunuilation des faits dans Matthieu serait un déti à la vraisemblance, si Ion devait y voir autre chose qu'ini procédé rédactionnel. Marc et Luc ' associent à cette même ciiconstynce de la première prédication à (^apharnaûm le départ secret de Jésus pour une tournée évangélique dans les villes de Galilée. La transposition est visiblement du côté de Matthieu, qui, sans aucun souci de lenchaînement historique des faits, veut présenter une série de miracles après une série denseig-nements.
Luc. ayant placé après le discours des paraboles l'anecdote concern;mt la famille de Jésus, a dû modilier les indications qu'il trouvait dans Marc, ainsi qu il avait moditié déjà l'encadrement historique du discours. Le récit ne tient j)lus à rien. Jésus, >< un certain jour, monta dans une barque ainsi que ses disciples ^ )>. Ce « certain jour » n'en fait pas moins écho à : <■ en ce jour-là », dans Marc •'; mais la circonstance du c soir » n'était pas indill'érente à retenir. La gaucherie même de la reprise montre que Luc s'est éloigné consciemment de l'ordre suivi dans le second Evang-ile, et qu'il y revient de même. 11 faut ({ue Jésus et les disciples montent dans la barque, puisqu ils n y étaient pas pour le discours des paraboles. Et s'ils ont l'air d'y monter maintenant sans savoir jKuirquoi. Jésus ne révélant son intention que lor.squ ils y sont installés, c est (jue l'évang-éliste reprend le fil de Marc, où le Sauveur et les disciples étaient dans la barque depuis longtemps quand 1 Ordre de partir fut donné, (^es transpositions mal réussies ne prouvent évidemment pas que le rédacteur du troisième Evangile n ait pas connu le second dans la forme où il nous est pai-venu ; mais on pourrait conjecturer qu'il a connu la source de Marc, où