HOLTZMANX
3. Noter la rencontiv de -': f,;AÏv /.oî: loi dans Me. I, 24 et Mr. 29 ; de inèine, TjÀÔs; (oO£ Tiorj y.aipoij [îa'javi'ja'. f|[j.â:, parait être une combinaison di' Mr. i, 24, r|X6£; à-oÀÉda'. f(|j.àç avec v, 7, [Jr[ 'x: lia^av'?/,; (Wernle, 16.3 . Pour la tournure de plirase, cf. I Rois, xvii, 18.
naûni, dont Matthieu ne dit rien, de même que le second aveui^le de Jéricho compenserait l'aveugle de Bethsaïde. Cette divergence des Synoptiques montre que Matthieu ne peut être considéré comme primitif relativement à Marc et à Luc.
Le possédé de Gérasa était une espèce de fou furieux qui avait élu domicile dans les cavernes sépulcrales de la montagne, non loin du lac. Il existait certains rapports entre les démons et les tombeaux. Dans les croyances populaires, les esprits mauvais ne se distinguaient pas nettement des âmes des défunts. Le démoniaque pensait trouver son séjour naturel dans la compagnie des morts ; il avait horreur des vivants. On avait essayé de le lier ; mais dans le paroxysme de sa rage, il avait brisé tous les liens qu on lui mettait aux mains et aux pieds. Il errait nuit et jour dans les tombeaux et sur la montagne, poussant des cris, se déchirant lui-même avec des pierres. Matthieu résume cette description, qu'il aurait été embarrassé d'appliquer à deux personnes; ses deux démoniaques étaient tellement méchants que nul n'osait passer dans le lieu où ils fréquentaient d'ordinaire ; par conséquent Jésus est censé les provoquer sans le vouloir, et s'exposer lui-même en venant là. Luc omet certains détails et coupe maladroitement la description de Marc, en renvoyant une partie après le premier échange de propos entre Jésus et le possédé; il dit que celui-ci n'avait pas d'habits, la suite du récit faisant entendre, en etïet, qu'il allait nu, comme il convient aux démons, ni de maison, ce qui résulte de son séjour dans les tombeaux. L'évangéliste suppose aussi que le démoniaque était de Gérasa, ce que Marc ne dit pas.
Le possédé a vu Jésus de loin, il accourt, et Ion dirait qu'il a reconnu, du premier coup, dans ce nouveau venu, la puissance redoutable aux mauvais esprits, le Messie, le Fils de Dieu qui doit détruire l'empire de Satan. Mais Marc et Luc, tout en rapportant d^ibord la profession de foi du démoniaque, n'en font pas moins entendre que Jésus lui avait parlé le premier, et ])our commander au démon de quitter sa vicime '. 11 faut donc se représenter l'insensé accourant vers Jésus en criant et gesticulant, peut-être en menaçant comme il en avait l'habitude. Voyant à qui il a atfaire, Jésus parle
i. Me. 6-7 anticipe sur S, el })ai"eilleinent Le. 2S sur 2t>, parce que les évaiig^élistcs veulent mettre en roliof la déclaration dn rlémon. (".f. Me. i, |23-2.'»; siipr. p. 4r)0.