Einleitung
2 Hat der dritte Evangelisl den kanonischen Matthaeiis benutzt? (1880). Ont attribué pareillement à Luc la connaissance du premier Evangile : Stockmeyer, Theol. Zeitschrift aus der Schiveiz, 1884; Mangold, dans Bleek, Einleitung '•, 1886; WRr/.SACKER, Ap. Zeitalfer, siipr. cit., p. 71, n. 3 ; Wendt, Die Lehre Jesii (1886, 21901).
3. Die drei iirsprunglichen, noch ungeschriehenen Evangelien (I883i: Die synopliscfien Evangelien nach der Forin ihres Inhalls (18851.
LA CRITIQUE MODERNK 73
judéochréticnne , que Pierre enseigna avant de devenir judaïsant, la forme paulinienne, et celle des judaïsants antipauliniens; Tévangile des judaïsants, rédigé par Tapôtre Matthieu entre 50 et 70, peut-être vers 55, n'est plus représenté que par quelques versets du premier Evangile qui sont comme interpolés dans le discours sur la montagne ; Févangile judéochrétien de Pierre est représenté par notre premier Évangile, écrit en grec après Tan 70; le second Évangile fut composé vers Tan 80, avec des matériaux pris rie Matthieu, pour Tusage des communautés hellénochréliennes qui ne voulaient pas abandonner Févangile de Paul. L'emploi simultané de Matthieu et de Luc ayant familiarisé les communautés avec le judéochrislianisme el le paulinisme, en les corrigeant et atténuant lun par Tautre, cet esprit mitoyen se traduisit dans TEvangile de Luc, écrit vers Fan 100, qui procède de Matthieu, de Marc et de la tradition orale. Cette combinaison singulière de Thypothèse de la tradition orale avec l'hypothèse des sources a trouvé peu de faveur auprès des exégètes ; mais l'appréciation du second Évangile mérite d'être retenue, et Holsten doit avoir raison de penser que Marc a voulu signifier l'impuissance des apôtres galiléens à comprendre le mystère de la croix.
L'hypothèse du protévangile a été reprise par A. Resch ' sous une forme assez originale : un évangile hébreu, non araméen, aurait été composé de fort bonne heure par l'apôtre Matthieu ; cet évangile contenait la matière des trois Synoptfques, tant le commun que le propre; il en aurait existé de nombreuses versions; Marc serait un remaniement de l'évangile hébreu, d'où l'on aurait éliminé une grande partie des discours, et où la partie historique aurait été au contraire notablement dévelojij)ée ; le premier Evangile serait une combinaison de Marc avec les discours de l'évangile hébreu ; il en serait ainsi de Luc, si ce n'est que celui-ci a gardé les discours dans leur cadre historique. Tout le système est fondé sur les variantes des Evangiles, comme si ces variantes ne comportaient pas d'autre explication générale que l'existence de versions difîérentes d'un même original. On ne comprend pas d'ailleurs pourquoi d'un ouvrage plus considérable et plus régulièrement composé que Marc, Matthieu ou Luc, on se serait avisé d'extraire trois relations plus courtes, où les matériaux du document primitif auraient été disloqués sans raison apparente, les discours démembrés ou confondus à plaisir, tandis qu'il était si facile de s'en tenir à l'excellent livre qu'on avait, et dont il existait, au dire de Uesch, plusieurs versions grecques. Non content de cet
I. Agrapha (1889,-1906); Aussercanonische Paralleltexte zu den Evunge- /i>« 1(1893); II, Parai, zu Matlhaeus und Marciis {[S'il}): III, Parai, zu Lucas |189.^); Das Kindheitsevangelium (1897) ; Die Logia Jesu nach deni griechischen und fiebraischen Text wiederhergeslelll (1898).
évangile hébreu, Resch en a supposé un autre pour les récits de Fenfance : ce livre, écrit avant Tan 54, aurait contenu ce qui est dans Matthieu et ce qui est dans Luc. Thèse indémontrable, contraire à toute vraisemblance, et que Resch n'a pas démontrée.
A. Harnack ' voit dans Marc le plus ancien des évangiles canoniques, écrit entre l'an 65 et Tan 70; il n'y aurait pas de proto-Marc, et l'évangile actuel serait identique à celui qu'écrivit le disciple de Pierre, sauf pour la finale ^, qui aurait été supprimée parce qu'elle ne cadrait pas avec la tradition de Luc et de Jean touchant les apparitions du Christ ressuscité. Le premier Evangile, qui n'est pas d'un apôtre, aurait été composé entre l'an 70 et l'an 75 ; il dépendrait de Marc et d'une autre source dont l'origine est assurément palestinienne ; certaines additions auraient été faites plus tard, au commencement du second siècle. Luc aurait écrit son évangile entre l'an 78 et l'an 93. L'ÉA'angile des Hébreux et l'Evangile des Egyptiens auraient été des compositions parallèles aux Synoptiques, le premier à l'usage des judéochrétipns, le second à l'usage des hellénochrétiens d'Alexandrie. Harnack exagère sans doute la valeur de ces deux apocryphes, surtout celle de l'Evangile des Hébreux, et il ne serait pas éloigné d'identifier, comme Renan ^, ce dernier évangile à l'évangile hébreu, seconde source de notre Matthieu grec. Autant qu'on en peut juger par les fragments qui nous ont été conservés, l'Évangile des Hébreux ne peut être considéré ni comme une œuvre originale, ni comme la source possible de Matthieu et de Luc. Le plaidoyer très érudit que le même auteur a publié récemment en faveur de l'authenticité du troisième Evangile et des Actes ', laisse subsister tous les arguments de l'hypothèse contraire. Harnack insiste principalement sur l'unité de style qui se remarque dans les passages des Actes empruntés au journal des voyages de Paul ( Wirquelle) et dans le reste du livre. Mais la faculté d'assimilation de l'écrivain apparaît suffisamment dans le troisième Evangile : les morceaux de Marc qui y sont entrés ont été retouchés au point qu'ils ne sont plus dans le style de Marc, mais dans celui du rédacteur, en sorte que l'influence littéraire du second Évangile sur le troisième ne
i. Chronologie der altchrisll. Literalur bis Eusebius, I (1897). Sprùche und Red en Jesu (1907).
2. Sur ce pomt, Harnack adopte les conclusions de Rohrbacii, Der Schluss des Mnrcusev., der Vierevangelienkanon und die kleinasialischen Presbyter (1894), reprises dans Die Berichte ûber die Auferstehung Jesu Christi (1898).