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LES ÉVANGILES SYIVUPTIQLES
teau. "28. Car elle disait : lille ; ta foi t'a sauvée.» s'en défendant, Pierre f Si je touche seule- Et la femme fut j^uérie dit : « Maître, la foule ment ses vêtements, je dès cette iieure. le serre et te presse. »
serai sauvée. » '29. Et aussitôt sa 46. Et Jésus dit : « Quelqu un m'a perte de sani^' fut arrêtée. El elle touché; car j'ai senti qu'une vertu sentit en son corps quelle était était sortie de moi. » 47. Et la guérie de l'infirmité. 30. Et aussi- femme, voyant qu'elle n'était pas tôt Jésus, qui avait senti en lui- ipiorée, vint en tremblant, et, pros-
même la vertu sortir de lui, se retournant dans la foule, dit : « Qui a touché mes vêtements? » 'M. Et ses disciples lui dirent : ■• Tu vois la foule qui tepi'esse, et tu dis : Qui m'a touché? » 32. Et il regardait alentour, afin de voir celle qui avait fait cela. 33. Et la femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se prosterner devant lui et lui dit toute la vérité.
34. Et il lui dit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton infirmité. »
ternée devant lui, elle déclara devant tout le peuple pour quel motif elle l'avait touché, et comment elle avait été guérie tout à coup.
i8. Et il lui dit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée; va en paix. »
Parmi la foule se trouvait une femme aftlit;ée, depuis douze ans, dune perte de sang-. Marc décrit avec un certain plaisir l'impuissance des médecins dont les soins inutiles ont absorbé tout lavoir de la malade. Ces détails, entièrement omis par Matthieu, sont très abrégés dans Luc. Même l'indication : « et qui avait dépensé toute sa fortune en médecins », a chance d'être une glose empruntée à Marc, car elle manque dans plusieurs anciens témoins. La leçon primitive serait : <( Et une femme, en perte de sang depuis douze ans, qui n'avait pu se laire guérir par personne '. » L'hypothèse d'un proto-Marc, où aurait manqué ce que n'a pas le troisième Evangile, est fort inutile ici. Luc a bien pu élag-uer ce développement comme superflu, sans qu on invoque encore sa qualité de
1. V'. 43. /.al Yuv/j oJaa iv puasi olï^chtoç à~ô htwv owôsxa, yjtiç où/, ta/jaev à~'ûùocvoç 0cpa-£u6rjvat. (^est le texte que suppose Ss., qui se lit dans B, et, avec variantes, dans D. Il était facile de compléter : fJTt; [taipoïç rpoaavaXoJaaaa oXov tÔv ^îov], d'après Me. 2(5 : /.aî -oÀXà 7:a6oijaa jzo -oXXtîJv îaTp'ov /.a-. ôaTravrÎTa^x Ta 7cap'ajr/,ç -âvTa. Sur les médecins, cf. Tob. u, 10; Eccli. xxxvhi, 1-2.
LA FILLE DK JAIR 817
médecin pour expliquer sa façon de résumer un passage peu flatteur pour les gens de sa profession.
A raison de sa maladie, l'hémorroïsse était dans un état dimpureté légale, et n'avait le droit de toucher personne '. D autre part, elle n'osait pas dire son infirmité, ni en demander la guérison, surtout devant témoins. Comme elle connaissait la [)uissance miraculeuse de Jésus, elle résolut de se faire g-uérir sans le demander, en touchant à la dérobée les vêtements du Sauveur. Elle avait fait en elle-même réflexion que cela suffirait pour lui rendre la santé. En se glissant dans la foule qui se pressait autour du Maître, elle arriva jusqu'à lui, par derrière, et toucha son manteau -. Matthieu et Luc -^ précisent davantage et disent « la frange », ou « la houppe » du manteau, c'est-à-dire une des houppes ^ dont la la Loi ' recommandait d'orner le manteau à ses quatre extrémités. Il est probable que la femme tenait à toucher cette houppe plutôt qu'une autre partie du vêtement, à cause de sa signification religieuse ''.
Marc néglige cette particularité, peut-être parce qu'elle n'avait pas d'intérêt pour ses lecteurs \ Mais il est remarquable qu'elle se trouve à la fois dans le premier et dans le troisième Evangile, sans être dans le second. Ou bien la rencontre est fortuite '^, et les deux rédacteurs anticipent une indication générale que Marc donnera plus loin''; ou bien l'un d'eux, Matthieu, a fait l'anticipation et a été copié par l'autre^*'; ou enfin il a existé un récit antérieur où il était question de la houppe, et non du vêtement en général. Ce récit serait la source commune des trois Synoptiques, à moins que (( la houppe » n'ait accidentellement disparu du texte de Marc'i, après qu'il eut servi aux deux autres évangélistes. Les deux premières hypothèses ne sont pas vraisemblables.