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y. VI, .^6. siipr. cil.
lO.HoLTZMANN, 3i)l .
11. Rien ne serait plus facile à expliquer, et le cas ne prouverait iien en faveur du proto-Marc ou du proto-Matthieu.
A. LoisY. — Les Evangiles syno])tiques. 52
Selon Matthieu, Jésus, en se retournant, aperçoit aussitôt la femme qui vient de le toucher, et il lui annonce saguérison, dont il attribue le mérite à sa foi ; mais Tévangéliste tourne la conclusion de telle sorte que cette guérison paraît causée par les paroles du Sauveur ; il ne mentionne la guérison qu'après les paroles, bien que celles-ci supposent plutôt le miracle fait sans que Jésus l'ait voulu ', comme il arrive dans Marc et dans Luc. Matthieu aura été choqué de ce miracle dont il semblerait que Jésus ne soit |)as l'auteur. Mais les traits qu'il supprime ou corrige sont justement ceux qui plaident pour l'historicité du fait.
D'après Marc, dès que la femme a toviché les vêtements de Jésus, « son flux de sang est tari , et elle sent en son corps quelle est guérie ». De son côté, « Jésus a senti en lui-même le miracle qui sortait de lui ' ». Marc le dit, et Luc, moins naturellement, le fera déclarer par le Sauveur -K Pour les assistants, il n'y avait pas d'autre explication : la femme avait été guérie en touchant le vêtement ; cet attouchement n'était pas de nature à être senti par Jésus, surtout au milieu de la foule, et quand même il eût été sensible, rien ne le distinguait des autres contacts accidentels qui se produisaient dans la marche ; Jésus néanmoins a senti quelque chose puisqu'il s'est retourné ; ce que Jésus a senti ne pouvait être que le miracle même, l'influence bienfaisante qui, passant de sa personne au vêtement, était passée du vêtement à la femme; et les témoins n'ont pu constater autre chose. 11 est également arbitraire de supposer que Jésus savait tout, par science infuse, avant de se retourner, ce qu'il dit n'ayant eu pour objet que d'amener la femme à se faire connaître; ou bien qu'il avait observé, sans qu'on s'en aperçût, les agissements de celle-ci et voudrait la contraindre à dire ce qu'elle lui veut; ou bien encore, en prenant pour point de départ le récit de Matthieu '', que Jésus a senti que l'on tourmentait la houppe de son manteau, s'est retourné subitement, a pris la femme en flagrant délit, et a vu de quoi il s'agissait. L'hypothèse de Marc est encore la plus admissible : Jésus a eu l'impression de l'effet qui s'opérait par l'attouchement de son manteau.