‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 663 sur 829 · LA FILLE DE JAIR · texte numérisé non relu

LA FILLE DE JAIR

Mais il ne sait pas qui vient d'être truéri, et, pour le savoir, il se retourne, en demandant : « Qui a touché mes vêtements ? » Et les disciples de répondre, avec un étonnement dont Marc a retenu l'expression hardie : « Tu vois la foule qui te presse, et tu demandes qui te touche ! » Luc adoucit le propos, il montre tout le monde sexcusant, et Pierre ' donnant au nom de tous une explication bien inutile : « Maître, c'est que la foule te serre ». Jésus n'en continue pas moins sa recherche, regardant autour de lui, non pour découvrir sur quelque visage les traces de la guérison accomplie, mais pensant que la personne qui a profité du miracle se déclarera elle-même ou se trahira par son attitude. Luc a supprimé cette espèce d'examen muet que Jésus fait subir à son entourage, et il le remplace par une réponse à la remarque de Pierre. Si Jésus demande qui l'a touché, c'est qu'il ne s'agit pas d'un attouchement inconscient, comme on le suppose, mais il a senti qu'un miracle vient de se produire par l'effet d'un attouchement volontaire. La réplique sert à montrer que Jésus ne l'ignore pas. Marc seul représente la scène au naturel.

Sous le regard investigateur de Jésus, la femme comprend qu'elle ne peut rester inconnue ; elle craint que le Maître, tout à l'heure, ne la montre du doigt. Elle se rapproche toute tremblante, car elle a commis une sorte de larcin, et, prosternée aux pieds de Jésus, elle dit M toute la vérité - », c'est-à-dire ce que l'on vient de raconter de sa maladie et surtout de sa guérison, comme il est expliqué dans Luc. Bien loin de la blâmer, Jésus la rassure en lui disant : « Ma fille, c'est ta foi qui ta sauvée ' », ce qui suppose le miracle réalisé sans la participation volontaire du Sauveur, ainsi qu'il résulte du récit même. Et la femme est congédiée par la formule ordinaire : « Va en paix », oii l'on peut voir un souhait et une pi^omesse, aussi bien que dans les paroles qu'y ajoute Marc : « et sois guérie de ton infirmité )>, qui sont comme une ratification du fait accompli.

On n'explique pas ce fait en disant ' que Marc s'était formé une idée très matérielle des miracles de guérison, y voyant comme des effluves bienfaisants (pii sortaient du corps de Jésus, L'évangéliste

1. V. il». B et Ss. ometteiil x.ai </<. m aJT'o. Il semble «[ue Luc avail voulu préciser rindicalion de Marc en uoniniant Pierre, et que, pour l'accord avec Marc, on aura ajouté les autres disciples. Cas dilTérents de ix, .32.

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