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n'a pas voulu rendre raison du miracle, et il n'a pas inventé les détails de la mise en scène. En déclarant que la foi de la femme avait opéré le prodig-e, Jésus ne contredit pas l'assertion de Marc touchant « la vertu ([ui était sortie de lui », et il approuve, au contraire la femme, dont la foi s'est manifestée eu ce quelle a cru pouvoir être guérie par le simple attouchement du manteau, ce qui était vrai : la foi a mérité et obtenu le miracle, mais c'est le contact de Jésus qui la opéré. Rien n'était plus loin de la pensée du Sauveur que l'idée d une foi justifiante qui aurait été la seule cause de la guérison, ou d'une autosuggestion moyennant laquelle la foi aurait bien pu faire le miracle que la femme attribuait au contact du manteau. Les deux causes, foi et attouchement, sont conjointes, et toutes les deux sont jugées nécessaires par rapporta l'etTet produit. Sur ce point, Jésus est du même avis que la femme et que l'évangéliste. Bien moins encore peut-on suspecter la réalité même de l'anecdote, et voir dans l'hémorroïsse le type de l'impureté incurable d'Israël, ou bien de la gentilité, en supposant, gratuitement d'ailleurs, que le récit la présente comme païenne K L'hémorroïsse a existé, elle était juive, et, dans l'élan de sa foi, ou, si 1 on veut, dans son désir d'être guérie, elle n'a pas hésité à contrevenir à la Loi. C'est se qui fait, eu partie, Tintérêt de son histoire. D'après une légende recueillie par Eusèbe -, et fondée sans doute sur quelque méprise, cette femme aurait été païenne, originaire de Panéas, où l'on montrait deux statues, un homme debout ' et une femme agenouillée à ses pieds, qu'on disait représenter Jésus et l'hémorroïsse, et avoir été érigées par celle-ci devant sa maison '. Le témoignage d'Eusèbe prouve seulement que les statues existaient de son temps, avec l'attribution qu'il leur donne.