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■i. Le rnol liél)ivu que nous traduisons par <■ liberté ", mp HûS, sigiiiiie proprement • ouvertui'c ». Si l'auteur avait parlé des aveugles, il aurait écrit : «. l'ouvertui^e Jcs i/eu.r >-. De plus un héraut peut annoncei' la délivrance aux captifs, mais non donner la vue aux aveugles. Dijhm, JcshIh - 413.
842 LES ÉVAN(iILES SYNOPTIQUES
lahvé >i, c'est-à-dire l'année où lahvé octroie ses faveurs, l'évangéliste s'arrêtant devant : « le jour de la vengeance j)<)ur notre Dieu »,qui ne conviendrait pas à son thème d instruction. L'année de grâce ' fait allusion à l'année jubilaire, où, d'après la Loi ~, les terres aliénées devaient revenir à leurs anciens possesseurs, et les esclaves hébreux recouvrer leur liberté. Dans la pensée de lévang-éliste, l'esprit qui est sur Jésus est l'Esprit saint ([ui est descendu sur lui au baptême. L'an de g-râce est le temps de la prédication évanfj'élique. Ceux qui, dans l'antiquité, ont pensé que k^ ministère de Jésus n'avait duré qu'un an ou dix-huit mois ', se référaient à ce passag'e, et il est probable que l'évangéliste établissait un^^ relation entre l'année de g^ràce et le cadre chronologique où il enfermait la prédication du Sauveur. C'est cette année de g-ràce qu il identifie H la quinzième de Tibère. Il y a là tout un programme évangélique, ditlerent de celui qui est énoncé au début de Marc ' ; Luf a substitué délibérément l'un à l'autre ^.
Lecture faite du texte sacré, Jésus roule le volume, le rend à l'appariteur, et s'assied pour donner l'explication de ce qu'il vient de lire. L'attention est excitée au plus haut degré, tant à cause de la réputation acquise par l'orateur, et de la curiosité qui en résultait chez les auditeurs, que de la haute signification du passage, dont on pouvait attendre un commentaire vivement intéressant. Mais l'évangéliste, si bien renseigné sur les préliminaires du discours, le résume en ces termes : " Aujourd'hui cette Ecriture s'accomplit à vos oreilles », c'est-à-dire : vous entende/, celui dont parle Isaïe. On doit supposer, en dépit de la vraisemblance, (jue Jésus a développé sa pensée, justiiîant dans le détail cette application de la prophétie ^. Luc s'en tient à la donnée générale du discours, (juil interjompt un peu brusquement pour décrire, en s'aidant de Marc, l'impression produite. La précision des détails descriptifs et l'insignifiance de la parole attribuée à Jésus sont signes de composition
1. Cf. Il (>OH. V, 10. IjUC entend peut-èlro : >< l'année rlo Dieu qui est aj^Téable >> ou « salutaire » aux hommes.