‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 683 sur 829 · CI'. XXIV · texte numérisé non relu

CI'. XXIV

A NAZARKIII 843

secondaire. Dans les anecdotes de tradition autiientique, les détails de mise en scène sont moins accumulés, et ils ont plus de relief, les paroles sont des sentences vivantes, non des chevilles littéraires. Le cérémonial de la lecture n'importait pas à décrire, si le narrateur n'avait été au dépourvu pour l'introduction de sa prophétie; et l'indigence du commentaire qu'il y joint atteste aussi le défaut de tradition historique.

Le récit de Luc compi^end deux parties incohérentes, ce qui concerne la prophétie disaïe et l'admiration de l'auditoire, ce qui concerne les critiques des Nazaréens et la réponse de Jésus. L'unité du récit se fait dans le point de vue de 1 auteur, l'idée du Christ Sauveur du monde, comme l'a dit Isaïe, Sauveur accepté par les Gentils^ après avoir été rejeté par les Juifs, ainsi que le figuraient les histoires d'Elie et d'Elisée.

Comme dans les deux autres Evangiles, le public est étonné, mais la malveillance n'apparaît pas encore. Les Nazaréens sont surpris de rencontrer un si grand talent chez le lils de Joseph; ils n'en témoignent pas moins que son discours est bon, et ils admirent le charme de ses paroles '. L'expression : « paroles de grâce », est sans doute à interpréter ici d'après l'usage de l'Ancien Testament '' : « paroles agréables », et non dans le sens de « paroles salutaires ■'• », qui, en tout cas, correspondrait plutôt à la pensée de lévangéliste qu'à celle de la foule. Aussi i)ien les modifications introduites dans la donnée de Marc trahissent-elles les préoccupations du rédacteur. Luc ne parle pas de la mère ni des frères et sœurs de Jésus, parce qu'il ne veut pas mentionner les parents dans une circonstance où l'on se souviendrait d'eux à lem- détriment '. L étonnement des gens de Nazareth devient purement admiratif, ce qui fait valoir l'éloquence du Sauveur, mais contredit Marc, et obligera Luc à se contredire lui-même |)our amener sa conclusion, où il faut que les Nazaréens blâment Jésus, soient blâmés par lui et se fâchent au point de le vouloir mettre à mort. Si le Sauveur avait prêché sa propre messianité, comme le suppose lévangéliste, 1 impression de

1. V. 22. /.a'. -âvTiç iaaoTjpojv aj-'o et". Acr. xxir, 12) /.al iOaJt. XciyoïT Tï,; yâp'.TO'j ïy.~o^^rjO'j.v/f/'.; -y. ~'yj ■STouaTo; aJTOÎj.

Page 1