‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 684 sur 829 · Cî.supi\ pp · texte numérisé non relu

Cî.supi\ pp

8ii LES ÉVANGILRS SVNOPÏIQUP^S

l'auditoire aurait été autre : on aurait été frappé de sa prétention plus que du charme de sa parole. Il faut supposer que les Nazaréens, après avoir admiré le discours, se refroidissent en pensant que l'orateur n'est, après tout, que le lils de Joseph '.

Sans que la transition soit indiquée autrement que par les mots : « Et il leur dit >'. Jésus continue son discours pour répondre à une objection que rien n'explique, mais que le récit de Marc a fait naître dans l'esprit de l'évano-éliste. Dans le texte qu'il a lu, et dans le commentaire qu'il en a donné, Jésus est censé avoir parlé des miracles qu'il a déjà laits, et comme il n'en a pas fait à Nazareth, supposition qui est en rapport avec ce t|u'on lit dans Marc, mais ce dont Luc n a rien dit. il doit rendre raison de cette différence. La liaison des idées entre la première partie du discours et celle-ci est naturelle si l'on entre dans l'esprit de levang-éliste, qui après avoir fait de la prédication à Nazareth le type de la proposition de l'Evangile aux Juifs, va faire du défaut de miracle chez les Nazaréens, le type de la réprobation d'Israël. Toute l'incohérence du récit vient de la maladresse de lécrivain, qui n'arrive pas à construire une description homog-ène, parce qu'il se borne à expliquer les ti'aits princi])aux du récit de Marc, à la façon d'un glossateur ([ui oublierait de citer le texte qu il commente.

Le manque d unité ne résulte pas de ce que Luc aurait prati(pié une coupure dans un discours suivi que lui fournissait une source particulière, et de ce qu'il aurait introduit entre les deux morceaux ce que dit Marc sur les dispositions de l'assistance -. Il est inconcevable que, dans la prétendue source du discours, on ait lu : » Sans doute vous me citerez le proverbe » etc -^ ou « Aucun prophète n est en crédit dans son pays ». ou : < Il y avait beaucoup de veuves en Israël », etc., immédiatement après la prophétie et son application. Une indication sur l'effet produit par le discours était nécessaire pour amener les considérations sur l'absence de miracle et la réprobation des Juifs. La donnée de Marc est glosée à cette fin par l'évang-éliste. .Vu lieu de dire que Jésus n'avait pu faire ou n avait pas fait de miracle, ce que sans doute il lui répug^nait de déclarer, il suppose et fait supposer à Jésus lui-même

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