VOCATIONS
Matth. Mil, 1i>-22. Luc, IX, 57-62.
Les trois traits dont il s'agit ici n'ont de sig'nificatioii que par les paroles de Jésus. La tradition ne connaissait ni les personnage» qui avaient provoqué ces réponses, ni les circonstances historiques où Jésus les avait dites. Comme il y était question de suivre le Sauveur, les évang-élistes, par une association d'idées assez superticielle, les ont rattachées à un départ : Matthieu au départ de Jésus pour la rive orientale du lac '. après les miracles qui ont été opérés à (lapharnaûm, k la suite du discours sur la montagne; Luc au départ pour la Judée-, après la clôture du ministère galiléen. Les deux combinaisons sont défectueuses, celle du premier Evangile amenant ces incidents trop tôt et dans des conditions particulièrement invraisemblables, surtout si l'on reprend pour la traversée dont il s'agit la date indiquée par Marc \ c'est-à-dire le soir du jour où Jésus a prononcé le discours des paraboles, et celle du troisième Evangile renvoyant trop tard des déclarations qui appartiennent à la dernière période du ministère galiléen, mais qui ne peuvent avoir eu lieu quand le Sauveur avait déjà quitté la Galilée. Il va de soi que les trois anecdotes de Luc, et même les deux de Matthieu n'ont pas dû se produire le même jour. La tradition les avait groupées d'après l'analogie des leçons quelles contiennent. On peut croire qu'elles figuraient, dans le recueil de sentences, avant le discours de mission, parce qu il y était question du renoncement que le Sauveur exigeait de ses dis-