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le plus tôt possible à tous cevixque regarde la promesse : dans Matthieu, le Sauveur est encore seul, dans Luc. il n a encore avec lui que les Douze pour remplir cette mission. Iaic aura jug-é que " le peu d'ouvriers » convenait mieux pour désigner les Douze que par rapport à Jésus seul. Toute réserve faite au sujet des soixantedouze disciples, la parole a été placée en tête du discours de mission parce qu'il \ est question d'envoi, mais elle est sans rapport direct avec lenvoi effectif des Douze ou d'autres disciples '•. C'est ime réflexion de Jésus constatant que lui-même et les quelques collaborateurs qui annoncent avec lui le royaume ne suffisent pas à la tâche. Il en faudrait davantage, et l'on doit prier Dieu qu'il suscite les vocations nécessaires. (]ette parole a été plutôt dite lorsque les apôtres prenaient déjà part à l'évang'élisation, et y avaient même obtenu un certain succès, mais avant la tin du ministère galiléen et le voyage de Judée. Il y aurait subtilité à dire que les apôtres euxmêmes sont les ouvriers qui doivent être envoyés, et que, priant le Père céleste de pourvoir aux nécessités de l'oeuvre évangélique, ils se préparent à recevoir les secours de Dieu, qui les a appelés. Ceux à qui Jésus parle sont déjà ouvriers, ils sont le petit nombre de ceux qui travaillent dans le champ de Dieu, et ils n'ont pas besoin d y être envoyés de nouveau. De même, on aurait probaldement tort d'insister sur ce que la moisson est dite abondante, pour soutenir qu'elle n est pas mûre -. parce que les dispositions du peuple ne sont pas ce qu'elles devraient être. Jésus ne semble pas envisager ici les obstacles moraux ([ue rencontrerait déjà la prédication de l'Evangile, mais l'urg-ence de pourvoir à cette prédication. S'il faisait quelque allusion à l'attitude présente de la foule, ce serait plutôt à son empressement qu'à sa résistance, et si la rénovation morale qui est la condition d'admissibilité au royaume de Dieu doit se heurter à des préjugés enracinés, à l'obscurcissement des consciences et à la lég-èreté des caractères, il n'en est pas maintenant préoccupé. 1 /image de la moisson est si commune '■, et Jésus emploie si volontiers de telles figures, qu'on ne peut tirer de celle-ci aucune conclusion touchant la saison de l'année où le Sauveur en fit l'application à ses disciples.