IX, 52-53. Cf. ^upr. p. 8:>y
A. I.iDsv. — Les Eranffilex synopluiiifs. 5&
Nf»') LKS ÉVANUILKS SVNOKIK^UES
mention des Samaritains en cet endroit du discours. D'autre part, l'évangélisation des Samaritains et des Gentils est si naturellement en dehors du programme de la mission des apôtres, n'étant pas dans celui de Jésus, qu'il était à peine besoin d'en parler alors. Maison a pu avoir intérêt plus tard à relever dans le discours ce qui avait été vrai en fait.
La prohibition peut s'entendre dans un sens ethnographique, en sorte que le cadre assigné à l'activité des apôtres soit la Palestine, à l'exclusion des endi'oits occupés par les Samaritains ou les païens; ainsi entendue, elle correspondra à la remarque finale touchant les villes d'Israël dont on n'aura pas achevé le tour avant le grand avènement. Cette remarque n'a guère de sens relativement à la première mission des apôtres, car il est peu croyable que le Sauveur ait voulu signifier qu'il apparaîtrait dans la gloire messianique avant le retour de ses envoyés ' : mais elle ne convient pas davantage à aucune autre manifestation de l'activité apostolique avant la passion; prise dans sa signification naturelle, on ne peut l'expliquer que j)ar rapport à la situation de 1 Evangile en Palestine, dans les vingt ans qui ont suivi la mort du Sauveur, avant le grand développement des missions chez les (ientils. Ce sont des judéochrétiens qui ont pu croire que Jésus reviendrait avant que la prédication apostolique eût atteint toutes les villes de Palestine. Il est donc probable que la prohibition et la remarque qui lui est corrélative ~, tout en appartenant à une rédaction ancienne du discours, et en correspondant à une réalité dans l'histoire évangélique et même dans l'enseignement de Jésus, représentent plutôt un sentiment de la tradition qu une instruction formelle du Sauveur. Matthieu les aura gardées en les comprenant en un autre sens que leur auteur "'. Marc aura pu ou voulu les ignorer: la tradition de Luc les aura connues et corrigées.
Il semble que le discours primitif ('*noaeait <1 abord le précepte qui se lit dans le premier Evangile : « Allez prêcher, disant que le royaume de Dieu est proche '. » La prédication des apôtres ne pouvait avoir d autre objet, mais il n'est pas superflu de le dire, et
I. Opinion de ScHWEiT/.Eu. \'tiii H<'iiii;iriis zii Wn-de. XM'k
•2. Vv. 0-6 /), 23.
-'{. Cas analogue à celui de v, tS-1".»; stipr. [)[). 'M) t-'M')'.) .
1 on conçoit que Jésus d'abord, et le premier rédacteur ensuite aient commencé par là. Si cette recommandation ne se trouve pas au début du discours aux Soixante-douze dans le troisième Evangile ', c'est qu'elle a été transposée au bénéfice d'une combinaison secondaire. Luc ' en a tiré parti dans les paroles qu'il fait adresser tant à ceux qui reçoivent qu à ceux qui ne reçoivent pas les missionnaires évangéliques ; et il l'a déplacée pour mettre en tête du discours la réflexion : « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups », (|ui, dans la source commune, devait précéder la garantie de l'avènement messianique et le propos judéochrétien touchant les villes d'Israël '. Les apôtres-brebis se trouvent ainsi remplacer les brebis perdues de Matthieu.
Ce qui suit, dans le premier Evangile, a été glosé par le rédacteur. Jésus ne piescrit pas seulement aux apôtres de guérir les malades et de chasser les démons, mais de ressusciter les morts et (le purifier les lépreux. Les mots : " ressuscitez les morts », sont omis dans lui certain nombre de manuscrits ^, soit pai- accident ', soit qu'on ait pensé que les apôtres n'avaient pas fait de tels miracles dans leur tournée de prédication. Mais la pensée du rédacteur va bien au-delà de la première mission. Les miracles indiqués sont en rapport avec la série de faits qui vient après le discours svM' la montagne, oîi l'on trouve une résurrection comme miracle principal, une guérison de lépreux pour commencer, et une guérison de démoniaque pour finir ''. L'idée fondamentale du passage est <|ue les apôtres pourront faire les mêmes miracles que le Sauveur hii-même '. On peut croire que la source parlait simplement de guérisons, et que Luc ^ aura transposé cette indication avec ce qui était dit de l'annonce du rovaume.
1. Noter cepeadaul 'jr.i'fE.-^, x, .î. (|ui correspond au -ocj-joacvo-. de Matthieu, et lui est préférable comme début.
.3. Mt. 16, 23.
k E F G, etc. Mais ces mots se lisent dans x BD, mss. lat. Ss. etc.
;■). Homéoteleuton, suite d'impératifs ayant même désinence.
6. Et cette série, ainsi que x, 8, esl en rapport avec xi, .'J cl'. >•/;/</•. pp. 661- 663).