HOLTZMANN
2. V. 8. zal -aprlyyîiÀîv aùroïç l'vx arjoàv xtp'oiiv il: ôoov il ar, oâooov ;j.ovov, (xr) otpTOV, (jLTi -n'pav, av) il: tJjv T'ov/jv /culy.w, 9. àXXà j-oosôijxEvo'j; 7avoâX;a, xaî y.r,
3. IX, 3, où la donnée de Marc est tournée en discours direct et corrigée, en ce qui regarde le l)àton, par Tinfluence de Tautre source : [xrfih xïoi-i ;!; xr]v ô8ov, arj-c pàÊoov [J.r',-zi -Tj'pav u.r)T£ aoTov [atÎts àpyuoiov, |J.rJ-£ àvà O'jo /itfova; =/3!v. x. 4, Luc écrit, pour vai'ier : iatÎ PjO.izi'ÇeTi rjaXXàvc'.ov, [jl/| "i^'pav, ultj ûj:oorJij.aTa.
4. V. 9. U.7) XTrjariaÔE ypuaov [Xïioè àpyjpfjv [t-rfii yaXxôv zlç tx; l^fôva; j^jov, afj -r[px'; tt; ôoov [J.T1Ô3 oiio ytTojvai; iirfiï 0TCOorj[j.aTa ;j.t]Oï pà6f5ov.
T). Cf. Hupr. n. 2, iayi IvôjdrjaOe.
(laies, ils nont pas l'intention de défendre celles-ci. L accord de Matthieu et de Luc tendrait ii prouver que les souliers et le bâton étaient prohibés dans la source où ils ont |)ris le discours. Marc a pu atténuer la rij^i-ueur du précepte primitif, un bâton et des chaussures paraissant indispensables pour un voyage un peu long-. I.a source de Matthieu et de Luc aurait pu l'exagérer pour faire valoir le caractère exceptionnel du renoncement apostolique '. Cependant la formule la plus absolue est peut-être encore celle qui convient le mieux à l'esprit de Jésus et aux circonstances de la première mission. Les apôtres, allant de village en village, dans un rayon peu étendu, ne feront jamais de bien longues courses, et ils se remettront absolument à la Providence, évitant toutes les précautions coutumières aux voyageurs. Les deux exceptions de Marc ressemblent assez à des corrections, et ce qui est dit des chaussures vient peu naturellement entre deux défenses -. On dirait que le second Lvangile prend souci des voyageurs, et que, tout en ne permettant pas d'emporter des provisions, il ne serait pas éloigne de j)enser que les prédicateurs feront sagement ou pomront être «>bligés de pourvoir eux-mêmes à leur subsistance ; il ne leur dit pas de compter sur leurs hôtes, et cette omission pourrait n'être pas involontaire. Marc aurait songé à Paul.
Il n'en reste pas moins que, dans les conditions réglées par Jésus, les missionnaires devaient vivre de ce qu'on leur donnerait, et compter sur l'assistance des gens qui voudraient bien les recevoir. C'est pourquoi il est question de ceux qui les recevront et de ceux qui ne les recevront pas. Selon Matthieu, ils ne demanderont pas l'hospitalité du pi'emier venu, mais, dans chaque ville ou village où ils arriveront, ils devront prendre des informations pour savoir qui est « digne » ' de les loger, c'est-à-dire s'enquérir d'une maison respectable, où ils |)uissent s'installer sans compromettre l'honneur
1. WiciîNLK. -{O, suppose que Matthieu et Luc suivent une tradition plus récente: Holtzmann, 242, qu'ils ont pris le i)àton pour une arme ; Wellhai - SEN. M<\ i-6, qu'ils ont peut-être lu N*! pour xSn clans l'araméen.
2. (A. supr. p. 870, n. 2. L'enchevêtrement de la phrase, l'irrégularité de la construction et le passage subit du discoui's indirect au discours direct accusent un travail de rédaction et de correction sur un texte, ('f. I^c. xxn, 35.
3. V. H. Tt; iv xÙt^ aÇto? iaitv. L'évangéliste emploie ici, pour son compte, le mot aÇ'.o; dans une acception assez différente de celle qu'il lui donne au v. 10 (cf. siipr. p. 869, n. li d'après la source.
872 LES ÉVAN(aLES SVINOP'IIQUES
de l'apostolat. Il ne sagit })as de savoir précisément qui est plus digne de recevoir l'Evangile, puisque les dispositions intérieures des personnes ne peuvent être connues d'avance par ce moyen. Ni Marc, ni Luc ne parlent de cette précaution, qui a dû être suggérée par certaines expériences fâcheuses des prédicateurs chrétiens '. Le discours primitif ne supposait pas d'enquête préliminaire, et le discernenient se faisait par 1 accueil que recevait la salutation du missionnaire dans la maison où il se présentait. Jésus jouait sur le double sens du mot « salut » ■'. Les hérauts de l'Evangile, qui, arrivant dans une maison, prononcent le souhait contenu dans la formule de salutation, apportent le salut véritable. S'il y a là « un enfant de salut » -^ c est-à-dire un homme bienveillant et poli qui soit en même temps une àme prédestinée et bien disposée, ce qui apparaîtra par la façon dont il prendra la salutation qui lui sera faite, le salut qu on lui souhaite lui arrivera réellement. Conformément à ce qu'il a dit plus haut sur la respectabilité de l'hôte, Matthieu écrit : << Si la maison est digne », ce qu'on doit entendre : « si la maison est véritablement digne «. puisque les apôtres sont supposés la connaître et croire telle avant de se présenter. L'équivoque du discours vient de ce que l'information préalable sur l'ht»norabilité de la maison est surajoutée. Si la maison n'est pas habitée par un enfant du salut, ce qui se connaîtra par la réponse désagréable qui sera faite à la .salutation, et par le refus d'hospitalité, le salut des apôtres leur reviendi'a. c est-à-dire que leur vœu de salut sera de nul effet pour ceux à qui il était adressé : mais s'il est inutile pour ceux-là, il servira pour d'autres. Il ne saurait être question d'une bénédiction particulière qui retomberait sur les apôtres rebutés, puisqu'ils sont eux-mêmes en possession du salut, et qu'on ne s'occupe pas ici de leurs mérites ni de leur récompense.
Ces considérations s'expliquent par l'importance que les Orientaux attachent au cérémonial de la salutation '. Tous les textes insistent pour que le missionnaire, une fois installé quelque part, ne cherche pas un autre logement dans le même lieu : s'il changeait,