JÉSUS SUR LA MER. A GENNÉSAR
Marc, vi, 4o-o6. Matth. xiv, 22-36.
Le récit de la multiplication des pains, où il entre au moins une part de symbolisme, est suivi d'un autre récit que l'on peut dire purement symbolique, après lequel vient une relation de voyage où l'on peut voir un souvenir historique.
Marc, vi, 45. Ef aussitôt il con- Mattii. xiv, 22. Et aussitôt il contraignit ses disciples à entrer dans traignit les disciples à entrer dans la barque et à le devancer à l'autre la barque et à le devancer à l'autre bord, vers Bethsaïde, pendant que bord, pendant qu'il cougédierait la lui-même congédierait la foule. 46. foule. 23. Et ayant cong-édié la foule. Et ayant pris congé d'eux, il s'en il monta sur la montagne, à l'écart, alla sur la montagne prier. 47. Et le pour prier. Et le soir venu, il était là soir venu, la barque était au milieu seul, 24. et la barque, déjà au milieu de la mer, et lui seul à terre. 48. Et de la mer, était tourmentée par les les vovant peiner à la rame, car le Ilots, car le vent était contraire. 25. vent leur était contraire, vers la Et à la quatrième veille de la nuit, quatrième veille de la nuit il vint à il vint à euK en marchant sur la eux en marchant sur la mer; et il mer. 26. Et les disciples, le voyant était sur le point de les dépasser. 49 marcher sur la mer, furent épou- Et eux. le voyant marcher sur la vantés, disant que c'était un fanmer, crurent que c'était un fantôme, tome, et de frayeur ils jetèrent des et jetèrent des cris; .50. car ils le cris. 27. Et au>sitôt Jésus leur parla voyaient tous, et ils étaient épou- disant : h Rassurez-vous, c'est moi, vantés. Et lui aussitôt parla avec ne craignez pas. » eux et leur dit : « Rassurez-vous, c'est moi, ne craignez pas. i^
Le repas lîni, Jésus oblige à remonter dans la barque ses disciples, qui ne comptaient pas s'en retourner si tôt, et qui auraient préféré l'emmener avec eux ou rester avec lui. Ils doivent prendre les devants pour gagner l'autre rive, pendant que Jésus reste afin de
DiO IJvS liVAiNGlI.KS SViNO.TKjLLS
cong"édier la foule. Marc ' ajoute la mention de Bethsaïde. C'est ce qui a donné lieu aux commenfateurs de supposer une Bethsaïde sur la rive occidentale du lac*. Mais on a douté que Bethsaïde fût le dernier ternie de la traversée, et l'on y a vu le lieu de rendezvous indiqué par Jésus •', qui, tout en ne voulant pas partir sans faire ses adieux à la foule, ni surtout lui laisser voir où il se rendait, n'aurait pas eu l'intention de regagner à pied la côte occidentale, ni d'y renvoyer ses disciples sans lui. La mise en scène manque de netteté. Il se pourrait que la multiplication des pains n'ait pas été localisée d'abord sur la rive orientale ''.
Après s'être séparé de la foule ', Jésus se retire sur la montagne pour prier, et quand la nuit est venue, il s'y trouve seul. Il était déjà tard quand Jésus a distribué les pains à la foule", et cependant le Sauveur a encore le temps de gravir la montagne avant que le soir vienne définitivement. Cette difticidté, moins apparente dans Marc, est aggravée dans Matthieu, qui, par inadvertance, fait arriver deux fois le soir à la lin de la même journée '. Il ne dit rien de Bethsaïde, et supprime ainsi l'embarras qui résulte de cette indication géographique. Car, si Jésus est allé prier sur la montagne jusqu'à une heure avancée de la nuit, il n'a pas dû obliger ses apôtres à l'attendre en cet endroit.
On dirait que ce récit a existé d'abord indépendamment de la première multiplication des pains, et qu'il y aurait été rattaché
1. V. 45. y.xl cù'j'j; fjVccy/.aajv tojç 'j.x(iq~xz aùroCi £a|3?jva'. l'.i to "Xol'ov y.7.1 -poâys'.v £Î; T'J Tîipav ~p-'i BqOaxïoàv. La leçon : « a (in coiitraj Betlisaïda », dans quelques mss. latins, est sans doute une rectification voulue.