xal O'.a-spanavtî
A (;f-:n.nksak 94T
par des g-ens qui l'avaient vu ailleurs ; on répand dans le pays le bruit de son arrivée; les habitants sempressent autour de lui; onlui apporte les malades partout où il passe, et l'on court après lui quand on Ta manqué dans un endroit. Il semble que le Sauveur aille de village en village sans s'arrêter. Cette circonstance ne prouve pas qu'il eût été amené malgré lui dans cette région, par l& vent qui a empêché les apôtres d'aborder à Bethsaïde ; car Marc nedit nullement que Jésus se presse de remonter vers Capharnaûm.
Il est assez probable que ce voyage se place après la cessation du ministère galiléen. On pourrait même supposer que, dans la plus ancienne rédaction de l'histoire évangélique, il venait après le retour des apôtres ^, et que le pays de Gennésar est l'endroit où Jésus s'est retiré d'abord avec eux ; aussitôt reconnu, et de nouvelles foules accourant sur ses pas, il s'éloignait tout à fait et s'en allait vers Tyr et Sidon '-. La dispute avec les pharisiens sur l'ablution des mains est une intercala tion ; elle n'a pas eu lieu au pays de Gennésar, mais à Capharnaûm, où l'on n'a pas dit cependant que Jésus fût revenu. De même les récits de la multiplication des pains et de la marche sur les eaux pourraient avoir été intercalés entre le retour des apôtres et le départ pour Gennésar.,
Matthieu n'a plus le sentiment net du voyage en Gennésar ; ea abrégeant Marc, il semblerait dire que Jésus reste au même endroit,, et qu'on lui amène de toutes parts des malades qui sont guéris en. touchant la frange ou la houppe de son manteau -^ On voit encore assez clairement, dans le second Evangile, que le Sauveur n'était pas. venu à Gennésar pour y prêcher, qu'il avait cru pouvoir n'être pasreconnu, que l'afïluence de la foule ne le décide pas à s'arrêter^ qu il poursuit son voyage, comme s'il voulait atteindre enfin un endroit où lui-même et ses disciples seront en paix et en sûreté. Mais la pensée des évangélistes va aux miracles plutôt qu'aux intentions du Sauveur. D'après Marc, on se hâtait d'apporter le& malades sur le passage de Jésus, et on le suppliait de leur laisser
1. Me. VI, 30-31. Noter le parallélisme de 32-33 avec y4-^j'i. Il est arbitrairede supposer (avec Wellhausen, Me. 53) que Gennésar aurait été substitué à Bethsaïde pour fournir un cadre convenable à la dispute de vii, i-23. Le texte de Me. o3 est assez incertain dans le détail (cf. Merx, II, ii, 64-66).