Cf. supr. p
948 LES ÉVANGILES SYNOPTIOUES
toucher son vêtement. Il ne paraissait donc pas disposé à guérir ceux qui se présentaient, et laissait en quelque sorte les g-uérisons se faire sur son passage, sans s'attarder auprès de ceux qui les deniandaient. Matthieu a supprimé ces nuances, qui ne manquent pas de signification pour l'historien. On est réduit à des conjectures sur les motifs qui inspirent la conduite de Jésus. Le désir d'être à ses disciples est une explication insufTisante, attendu que, dans toute autre occasion, le Sauveur n'eût pas manqué d'encourager la foi de ceux qui venaient à lui avec tant d'empressement. On peut soupçonner qu'il craignait d'attirer sur lui l'attention d'Hérode, en excitant l'enthousiasme du peuple dans cette région voisine de Tibériade. C'est peut-être pour ce motif qu'il n'y était pas encore venu, bien qu'elle fût proche de Capharnaûm. N'ayant pu y passer inaperçu, comme il l'avait espéré, il jugeait expédient de s'en éloigner au plus vite. Le nom d'Hérode viendra un peu plus loin ', dans une déclaration qui permet de penser que l'attitude du tétrarque à l égard du mouvement évangélique était assez inquiétante. 11 paraît évident que si Jésus s'était avoué Messie en Galilée, il aurait subi dans son pays le sort qui l'attendait à Jérusalem.
1. Me. VIII, 15.. Se rappeler riiypotlièse de Wellhausen, supr. p. 927.