L'ABLUTION DES MAINS
Marc, vu, 1-23. Matth., xv, 1-20.
Il semblerait que Jésus n'a pas quitté encore le pays de Gennésar lorsque surgit l'occasion d'une querelle avec les pharisiens. Mais la mise en scène de la controverse ne s'accorde pas avec ce qu'on vient de lire dans Marc. Jésus n'est pas en voyage ; il séjourne dans le lieu où les pharisiens sont venus le trouver ; il se retire comme chez lui dans une maison où il est avec ses disciples ; on peut donc croire que le débat a lieu à Gapharnaûm, mais non aux premiers temps de la prédication évangélique. Aucun lien ne le rattache, même en apparence, à ce qui précède ni à ce qui suit, et il n'est pas nécessaire de supposer que le Sauveur, entre son voyage en Gennésar et son départ pour le pays de Sidon, est resté quelque temps à Gapharnaûm. Peut-être a-t-on voulu expliquer après coup les pérégrinations de Jésus par le moyen de cette péricope, bien qu'elle n'ait pas été conçue d'abord pour faire ressortir l'hostilité des pharisiens. Peut-être aussi, et plus probablement, y aura-t-on vu un préambule convenable au voyage de Jésus en terre païenne, et a-ton voulu faire pressentir les facilités que le christianisme présenterait à la conversion des Gentils. Le lecteur n'en a pas moins cette impression, que, dans un temp? oà le Sauveur multiplie les miracles sur ses pas, ses adversaires ne songent pas à autre chose qu'à se scandaliser de ce que ses disciples ne se lavent pas les mains, comme c'était l'usage, avant de se mettre à table.
Marc, vu, 1. Et se réunirent Matth. xv, 1. Alors s'appro-
auprès de lui les pharisiens et chèrent de Jésus des pharisiens et
quelques-uns des scribes, venus de des scribes de Jérusalem, disant :
Jérusalem. 2. Et voyant quelques- 2. u D'où vient que tes disciples
uns de ses disciples qui mangeaient transgressent la tradition des
le pain avec des mains souillées, anciens? car ils ne se lavent pas
c'est-à-dire non lavées 3. (car les les mains quand ils mangent du
pharisiens et tous les Juifs ne pain. » 3. Et lui, répondant, leur
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mangent pas sans s'être lavé soi- dit : <> D'où vient que vojs-mèmes igneusement les mains, attachés transgressez le commandement de -qu'ils sont à la tradition des Dieu pour votre tradition ? 4. Car <inciens ; 4. et en revenant du mar- Dieu a dit : « Honore ton père et «ché, ils ne mangentpasqu'ils n'aient ta mère », et: « Qui maudit père pris un bain; et il y a beaucoup de ou mère sera mis à mort. » 5. Et •choses qu'ils ont tradition d'obser- vous, vous dites : « Celui qui dit à ver, ablution des coupes, des tasses, son père ou à sa mère : « Soit ■des vases d'airain), 5. les pharisiens oll'rande, ce dont tu pourrais être •et les scribes lui demandèrent : secouru par moi », 6. n'est pas tenu « D'où vient que tes disciples ne d'honorer son père » ; et vous anmarchent pas selon la tradition des nulez la parole de Dieu pour voire •anciens, mais mangent le pain avec tradition. 7. Hypocrites, Isaïe a ■des mains souillées ? » 6. I']t il leur bien prophétisé de vous, disant : ■dit : (' Isaïe a bien prophétisé de 8. « Ce peuple m'honore des vous, lies hypocrites, comme il est lèvres, mais leur cœur est loin de •écrit: « Ce peuple m'honore des moi; 9. et c'est un vain culte qu'ils lèvres, mais leur cœur est loin de me rendent, enseignant (comme) .moi; 7. et c'est un vain culte qu'ils règles des préceptes d'hommes. » Jiie rendent, enseignant (comme) 10. Et appelant la foule il leur dit : Tègles des préceptes d'hommes. » « Ecoutez et comprenez. 11. Ce ■8. Négligeant le commandement de n'est pas ce qui entre dans la iDieu, vous vous attachez aux pré- bouche qui souille l'homme; mais <;eptes des hommes. » Et il leur dit : ce qui sort de la bouche, c'est cela « Vous abrogez bel et bien le com- qui souille l'homme ». mandement de Dieu pour établir votre tradition. 10. Car Moïse a •dit: « Honore ton père et ta mère », et : << Qui maudit père ou mère «era mis à mort. » il. Et vous, vous dites : « Si un homme dit à son père ou à sa mère : « Soit korhan, — c'est-à-dire une offrande, — ce •dont lu pourrais être secouru par moi », 13. vous ne le laisserez plus rien faire pour son père ou sa mère, 14. ann dant la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez; et vous faites beaucoup de choses de ■cette sorte. >» 14. Et appelant de nouveau le peuple, il leur dit : « Ecoutez-moi tous el comprenez. 15. Il n'est rien hors de l'homme, qui, en •entrant en lui, puisse le souiller; mais ce qui sort de l'homme est ce -qui souille l'homme. \iy. Qui a des oreilles pour entendre entende ! »]
Il est inutile de supposer que la négligence des disciples avait été remarquée pendant leur tournée de prédication i. Les pharisiens s'en prennent aux disciples, comme il est arrivé en d'autres cas, pour