‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 801 sur 829 · IIOLTZ.MANN, 2")J · texte numérisé non relu

IIOLTZ.MANN, 2")J

correspondait à une conception s^'stématique de lévangéliste, il y a risque à vouloir entendre mieux que lui le sens de la prohibition. Le caractère de cette première diverg-ence rendrait les autres suspectes, quand même celles-ci ne trahiraient pas directement les préoccupations de l'évan^éliste, et de ce que le récit de Matthieu est plus circonstancié que celui de Marc, il ne faut pas se presser de conclure ^ qu'il est plus conforme à la réalité. Il n'est pas nécessaire d'admettre que Matthieu ait employé une autre source que Marc, ou du moins que la relation, plus simple encore et plus succincte, qui est à la base de celui-ci -.

Ce qui est dit touchant les intentions de Jésus et la qualité de la femme tend à éclairer et à relever la mise en scène; après l'insertion de la péricope précédente, le désir du Sauveur, qui pouvait être indiqué par le contexte primitif, avait besoin d'être rappelé ; l'origine de la femme était à signaler expressément pour faire valoir la portée symbolique de l'incident. Marc dit que la femme était « hellène », ce qui ne peut signifier ici que païenne, puisqu'il ajoute aussitôt qu'elle était « syrophénicienne de race -^ » ; cette désignation avait cours dans le monde gréco-romain, les Syrophéniciens étant ainsi appelés pour les distinguer de ceux de la côte africaine ou Lybophéniciens. Matthieu a préféré la qualification biblique de « cananéenne », qui pouvait être dans la source.

Pour accentuer le miracle, et surtout la foi de la femme, il suppose que Jésus n'a cédé qu'à une triple requête. D'abord la femme, qui est censée l'attendre ou le suivre quelque part, l'apostrophe en criant : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David M ma fille souffre beaucoup d'un démon. » La seconde partie de cette prière transpose en discours direct le fait de la demande, que Marc a simplement énoncé ; la première partie est empruntée à l'aveugle de

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