‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 802 sur 829 · B. Weiss, Mk · texte numérisé non relu

B. Weiss, Mk

2. B. Weiss {loc. ci7.) suppose que Me. 24, zal s'.jsXôwv £Î; otxiav /.ta. est une suture pour rattacher le récit de miracle au voyage de Tyr.

3. V. 26. î) 8È Y'jvïj ^v 'EXXiQv;?, Supocpo'.vî/.icïaa to> yivEi. Dans Ss. : « Cette femme était une veuve, du pays de Tyr de Phénicie. » Les Homélies pseudo-clémentines {ap. Rescm, II, 179) appellent la femme Justa, et sa fdle Bérénice. On a vu plus haut (p. 820, n. 3) que ce dernier nom avait été donné aussi par la tradition légendaire à ThémoiToïsse.

4. V. 22. k'xpaÇsv (BD ; N, ïv.oa^vj ; témoins plus récents, ly.ocu'jjcn'jzv) XÉyouja* iXérjTo'v [j.£, y.ûp'.e uîôç AauefS.

Jéricho '. L'évang'éliste trouve naturel que cette femme, qui figure l'hellénochristianisme, reconnaisse Jésus pour le Messie. Dans la réalité, elle n'a pu le connaître que comme le prophète et thaumaturge galiléen. Afin de ménager les instances ultérieures et d'amener une déclaration de Jésus lui-même sur le programme de sa mission personnelle, Matthieu représente le Sauveur comme insensible à la prière qui lui est faite. Jésus se tait, et l'on dirait qu'il dédaigne d'adresser la parole à la cananéenne, ne fût-ce que pour lui déclarer qu'elle n'a rien à attendre de lui. De tels sentiments ne sont pas ceux du Christ historique, et l'évangéliste n'a pas songé qu'il faisait tort au caractère de Jésus ^ en le montrant si obéissant à la loi de sa vocation providentielle. Cependant les disciples, importunés par les cris de la femme, et supposant que leur Maître en est également fatigué, croient devoir intervenir. Ils s'approchent et lui conseillent de renvoyer la femme, en lui accordant ce qu'elle demande, pour se débarrasser d'elle. Matthieu n'ayant pas dit que Jésus ne voulait pas être connu, les disciples ne doivent pas être censés craindre que les propos de la femme n'instruisent d'autres personnes. Jésus leur répond qu'il est envoyé seulement aux brebis perdues de la maison d'Israël '^ : il ne doit pas prêcher l'Evangile ni faire des miracles pour les païens.

Ces paroles écartent une difficulté qui s'est posée beaucoup plus tard devant la conscience chrétienne : si le Christ était le médiateur du salut universel, pourquoi donc ne s'est-il adressé qu'aux Juifs ? Personnellement, observe l'évangéliste, il était envoyé à Israël par son Père; mais il devait, après sa résurrection, envoyer ses disciples à tout l'univers. La philosophie générale du mouvement chrétien, esquissée dans le discours de mission, et qui se retrouvera dans les instructions du Christ ressuscité, domine également le présent récit, et inspire les additions ou retouches pratiquées par Matthieu.

Nonobstant les unes et les autres, le cadre de Marc n'est pas abandonné. On ne saurait dire où est Jésus quand la femme l'interpelle pour la première fois ; on ne voit pas non plus où se trouvent les disciples et la femme ; les disciples s'approchent du Christ, et la

1. Cf. Mt. XX, 30. ÈV.px^av "/dyo'nîÇ zjpts, IXî'riaov rju-à;, uîô; Aausio.

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