Wernle
3. Y. 24. ojy. à-ciTaXrjV tl [xrj sî; xi TCodjîaTa Ta à-oXwXoTa olV.ou 'IjparJX. Cf. x, G ; svpr. p. 86 j).
femme le rejoint, comme s'il était arrêté quelque part; on ne sait si la femme a entendu ce qu'il a dit aux disciples ; il faut bien qu'elle arrive jusqu'à Jésus pour que l'histoire finisse, et que les paroles principales, indiquées dans Marc, soient prononcées. Le commentaire de Matthieu évolue dans la sphère de la spéculation théologique et apologétique : quand Jésus est sollicité pour la troisième fois, la narration n'est pas plus avancée qu'au commencement ' ; mais le lecteur sait à quoi s en tenir sur la mission du Christ relativement aux Juifs et relativement aux païens. Les moyens par lesquels on a obtenu ce résultat sont de la plus grande simplicité : il a suffi de prêter d'abord à la femme l'attitude des aveugles de Jéricho, avec des prières réitérées, et de faire intervenir les disciples d'une façon analogue à ce que qu'on lit aussi des assistants dans l'histoire des aveugles - ; après quoi la femme vient se prosterner devant Jésus, ce qu'elle aurait pu faire d'abord, et ce que, d'après Marc, elle a fait. Mais, pour ne pas trop se répéter, elle se contente de dire en dernier lieu : « Seigneur, aie pitié de moi. »
La l'éponse de Jésus consiste essentiellement dans les paroles : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ^. » Il ne s'agit pas de priver les enfants de leur nourriture au bénéfice des chiens; ce qui est présenté comme un abus, c'est l'identité hypothétique du traitement pour les uns et les autres. Marc glose par anticipation les paroles du Sauveur, en lui faisant dire d'abord : « Laisse premièrement les enfants se rassasier », ce qui suppose, contrairement au principe établi ensuite, qu'une partie du pain destiné aux enfants devra revenir aux chiens, et que ceuxci n'ont qu'à attendre. Propos inintelligible et déplacé dans la circonstance ^. On ne voit pas ce que sont les « enfants », avant que Jésus ait formulé son antithèse, ni comment il pourrait promettre à la cananéenne que sa fille sera guérie quand il aura fait tous les miracles qu'il doit accomplir en Israël. Marc lui-même allégorise le discours et l'anecdote. Si la femme représente la gentilité, on comprend que Jésus lui dise de le laisser à son ministère auprès des