‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 805 sur 829 · JuLicuER, II · texte numérisé non relu

JuLicuER, II

A. LoiSY, — Les Evangiles synoptiques. 62

Marc, vu, 31-37. Matth., xv, 29-31

Marc vu, 31. El de nouveau, sortant du pays de Tyr, il vint par Sidon à la mer de Galilée, au milieu du pays de la Décapole. 32. Et on lui amena un sourd et muet, et on le pria de lui imposer la main. 33.

Etl'ayant tiré de la foule, à part, il lui mit ses doigts dans les oreilles, et, crachant, il lui toucha la lan<jue ; 34. et levant les yeux au ciel, il soupira et lui dit : « Effala », c'est-àdire : « Sois ouvert ». 35. Et ses oreilles s'ouvrirent, et le lien de sa langue fut rompu, et il parlait correctement. 36. Et il leur défendit de le dire à personne; mais plus il (le) défendait, plus ils (le) publiaient, 37. Et (les gens) étaient extraordinairement surpris, disant : « Il a bien fait tout ; il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Il n'est pas très facile de suivre ritinéraire indiqué par Marc^ après l'histoire de la Cananéenne. On voit bien comment Jésus,

Matth. xv, 29. Et s'éloignant de là, Jésus vint le long de la mer de Galilée; et étant monté sur la montagne, il s'y assit; 30. et des foules nombreuses vinrent à lui, avant avec elles boiteux, aveugles, sourds,, manchots, et autres en grand nombre; et on les mit à ses pieds, et il les guérit; 3J. en sorte que la foule admirait, voyant les muets parlant, les manchots guéris, les boiteux marchant, les aveugles voyant; et on glorifiait le Dieu d'Israël.

l.V. 31. xat -aX'.v (référence au V. 24) cÇeXOwv Iy. twv ôpûov Tjooj -t^Sivi o-.à Siotovoç £'!; rVjV OàXaaaav t^; FaX'.Xai'a; àvà aÉaov twv ôptwv Aêxa-dXîw;. Sur la Décapole, voir supr. p. 5.39, et Schurer, II, 116. Le nombre des villes hellénistiques se l'attachant à cette sorte de fédération a varié avec le temps. Pline, //. N. V, 18, 7i-, signale comme y appartenant : Damas, Philadelphie, Raphanée, Scythopolis, Gadara, Hippos, Dion, Polla, Gérasa, Canatha, ce qui fait les dix villes. Plolémée en énumère dix-huit.

reconnu au pays deTyr, s'éloig^ne plus encore de la Galilée, et, contitinuant sa route vers le nord, s'avance jusqu'à Sidon; mais il est moins aisé de comprendre comment il rejoint par Sidon la mer de Galilée, en traversant la Décapole. L'amener par Ptolémaïs, le Carmel, Scythopolis, dans la région de Gadara', est contraire au texte, puisque, dans ce cas, Jésus viendrait de Sidon par Tyr^ et non de Tyr par Sidon. Il est plus naturel de supposer que le Saviveur, parvenu à la hauteur de Sidon, tourne à l'est, probablement par la route qui conduit à Damas, traverse le Liban ^ descend dans la vallée du Léontès, g"a<^ne la partie méridionale del'Antiliban et les sources du Jourdain, et rejoint la merde Galiléeen suivant la rive orientale du fleuve. Le milieu de la Décapoleindiquerait le terme du voyage, l'endroit où Marc localise la g"uérison qui suit, et la seconde multiplication des pains.

La seule difficulté que présente cette combinaison est que Jésus passerait à côté de Gésarée de Philippe, et serait censé y revenir quelques jours plus tard-. \\i la confusion qui règne danscette partie du second Evang-ile, et la manière tout artificielle dont sont introduites la guérison du sourd et la seconde multiplicationi des pains, on peut supposer que le voyage aboutissait primitivement à Gésarée, et que le lac et la Décapole sont ici pour ménager l'insertion des deux miracles, le second devant être placé non loiix de la mer, et le premier étant subordonné au second. On dirait que le rédacteur, après avoir placé un miracle significatif à l'ouest, eii pays païen, a voulu en mettre un du même genre à l'est, également en pays païen, sans dire toutefois que le sourd fût païen comme lai phénicienne. La perspective est arrangée de telle sorte que la guérison du sourd et la seconde multiplication des pains éveillent aussii l'idée du salut des Gentils.

Dans une précédente occasion, Jésus avait été assez mal reçu ei^ Décapole : on se souvient qu'il avait dû quitter cette contrée, après, avoir délivré le possédé de Gérasa, y laissant comme témoin deson activité bienfaisante l'homme qu'il avait guéri 3. Si l'évangélistelui-même n'a pas oublié cet incident, il a pu vouloir en corriger

1. Le Camus, II, 135. Remplacer Sidon par Bctlisaïde (Welluausen, Me. 60]j est parfaitement arbitraire.

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