‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 815 sur 829 · Cf. XIII · texte numérisé non relu

Cf. XIII

A. LoisY. — Les Evangiles xynoptiques. 63

des saddiicéens est tout à fait inattendue. Les sadducéens étaient un parti aristocratique, agissant surtout à Jérusalem, et qu'on ne "voit nulle part ailleurs mêlé aux péripéties du ministère galiléen. Par une association d'idées assez naturelle, si on se met à son point de vue, l'évangéliste les a introduits dans ce récit pour varier la mise en scène *, montrer ensemble tous les ennemis du Sauveur occupés à le poursuivre, et surtout faire opposer aux sadducéens, qui ne croyaient pas à la résurrection des morts, le signe de Jonas, où lui-même trouvait prophétisée la résurrection de Jésus. C'est pour le même motif que les sadducéens seront cités encore dans le paragraphe suivant, et que l'on montrera dans le « levain des sadducéens » leur doctrine.

Avant de reproduire le refus formel que Jésus oppose à la requête «des pharisiens et des sadducéens, Matthieu lui prête une réflexion générale sur les signes naturels que l'aspect du ciel fournit à l'observation, et sur les signes contenus dans les événements contemporains, que ses interlocuteurs ne savent pas comprendre. Cette réflexion a été rapportée par Luc '-^ dans un autre contexte ; elle contient une leçon indépendante, et n'est certainement pas ici à sa place. Il n'y est pas question de signes qu'on demande, et qui ne seront pas ■donnés, mais de signes donnés, et qu'on ne voit pas. L'idée de :signe a déterminé l'insertion du passage en cet endroit de Matthieu, où il n'est peut-être pas authentique. Il manque dans plusieurs anciens témoins '\ et ni l'influence de Marc, ni l'incohé- -rence du discours ne sont des explications tout à fait satisfaisantes de l'omission, vu que ces causes auraient eu lieu de s'exercer à aussi juste titre en mainte autre occasion. 11 est A^rai que les variantes du texte relativement à Luc sont un argument en faveur de l'authenticité. Si l'on admet l'interpolation, il faudra la renvoyer à une époque fort ancienne, voisine de celle où la rédaction des Synoptiques peut être considérée comme arrêtée définitivement. Dans l'hypothèse de l'authenticité, Matthieu aurait fait l'addition pour compléter l'enseignement de Jésus sur les signes, et atténuer la répétition de la parole relative au signe de Jonas.

l.Cf. XII, 38 : « les scribes et les pharisiens».

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