‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 819 sur 829 · Supr. v, 32 (xix,9) ; p · texte numérisé non relu

Supr. v, 32 (xix,9) ; p

De telles additions, qui se juxtaposent souvent à la pensée orig-inelle, plutôt qu'elles ne la supplantent ou l'altèrent, s'expliquent aisément par les habitudes littéraires de l'époque, et il y aurait, naïveté à vouloir que les écrivains en eussent averti le lecteur.

Dans le troisième Evangile, les exemples des Ninivites et de la reine de Saba sont intervertis, peut-être pour suivre l'ordre chronologique '. Il est possible cependant que Luc nait pas reproduit le premier -, qui vient maintenant en surcharge dans le texte traditionel, parce qu'il était suffisamment indiqué dans le commentaire donné au signe de Jonas. Toujours est- il que les deux exemples servaient à mettre en relief l'incrédulité des Juifs, et aussi la grandeur de la mission que s'attribuait Jésus. Les Ninivites païens ont écouté un prophète étranger à leur nation ; la reine de Saba, païenne aussi, a quitté son lointain royaume ' pour entendre Salomon. Les Juifs sont bien loin de cet enqjressement et de cette bonne volonté ; pourtant celui qui s'adresse à eux est plus grand que Jonas le prophète, et que Salomon le sage. Cette revendication implicite de la dignité messianique semble convenir aux derniers temps du ministère galiléen. Ni les Ninivites, ni la reine de Saba ne seront proprement les accusateurs des Juifs ; mais, se présentant avec eux ^au jugement dernier, ils apporteront en quelque sorte leur fidélité en témoignage contre l'infidélité des « enfants du royaume " ». La légende de Jonas est alléguée comme histoire, conformément k l'opinion du temps, et l'on se représente aussi la sagesse de Salomon comme celle d'un homme inspiré de Dieu, ce qui permet d'attribuer un mérite religieux à la démarche de la reine de Saba, où l'on voit une conversion d'autre sorte, mais non moins édifiante que celle des Ninivites.

1. HoLTZMANN, .367. D'apvès J. Weiss. 475, ce serait pour mettre cet exemplo en rapport avec le v. 28, sur k ceux qui écoutent la parole ». Mais les Ninivites^ n'ont-ils pas aussi écouté Jonas? Si le rapport en question existe, ce qui est probable, il fournirait un argument contre l'autlienticité de Le. .32.

2. Le. 32 manque dans D; il est vrai que ce ms., par une sorte de compensation, interpole Mt. 40 après Le. 30. Trois mss. latins ont cette interpolation^ dont on n'a pas lieu d'être surpris, et l'un d'eux, e, la substitue à Le. 30.

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