Supr. pp
le pays était en partie païen, on suppose qu'ils avaient coutume d'emporter les vivres dont ils avaient besoin : cette fois, préoccupés d'autres soucis, pressés peut-être par Jésus de partir au plus vite, ils se trouvaient n'avoir qu'un pain, reste probablement des courses antérieures. Tout en allant, le Sauveur, qui avait en pensée les obstacles que sa prédication rencontrait maintenant, dit à ses compagnons : « Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d'Hérode ^ ». Le Maître avait en vue la fausse piété des pharisiens, et peut-être l'esprit irréligieux d'Hérode : lune et l'autre peuvent être figurés sous la métaphore du levain, parce qu'ils sont comme un ferment qui exerce une influence corruptrice. Le rigorisme extérieur des pharisiens peut en imposer aux âmes simples, et faire des dupes ; la frivolité d'Hérode, même affichée par le scandale et défendue par le meurtre, trouve des flatteurs et des complices. Si Matthieu "^ nomme les sadducéens à la place d'Hérode, ce n'est pas pour avoir i^angé Antipas dans leur parti, ou supposé que les sadducéens étaient dévoués au tétrarque, mais pour la raison indiquée plus haut, et parce qu'il ne s'intéresse pas à la personne d'Hérode. Comme la mention de ce prince ne semble avoir maintenant aucune signification particulière dans le second Evangile, on pourrait être tenté de la croire authentique, mais ce peut être une sorte de compensation pour ce que le rédacteur n'a pas voulu dire touchant les dispositions hostiles d' Antipas. Luc ^ a pu l'omettre, parce que la leçon qu'elle contient était devenue sans application, ou bien parce qu'elle ne se trouvait pas dans la source primitive. Dans le cas où la mention d'Hérode serait authentique, il faudrait sans doute admettre que Jésus avertit ses disciples de prendre garde à la haine des pharisiens et à celle du tétrarque '*.
Les apôtres, qu'il faudrait se représenter comme des gens très pratiques, et d'esprit extraordinairement court, entendant parler de levain, auraient pensé au pain, et se seraient aperçus de leur négligence. Ils chuchotent entre eux : (( Nous n'avons pas de -pains. » Les évangélistes ne disent pas que les disciples aient regardé la
i. V. lî). ôpà-c, pXé::cT£ à~ô ttj; i^jaT]; twv <i>apiaaîwv xal xr]; i^'JU.r,ç 'HotoBou. Sur la connivence des pharisiens et des hérodiens, cf. m, 6; supr. p. 519.
2. V. 6. ôpàrê xat /.ooii/eTt ànô t^; X'^l-i-fli tojv <î»ap'.aa(wv xaî Saooojzatcov.
3. Tzoooiyjzt JauToï; à;:ô trjç ^'j^ï); tw/ <ï>a>'.Jx'n)v tjt'.; Èaxîv 'j7:ry/.pi.<z<.ç.