‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 824 sur 829 · VI, î)l-.52; supr. p. 94't · texte numérisé non relu

VI, î)l-.52; supr. p. 94't

4. XIV, 33. Noter cependant que Tévangéliste, allégorisant sans doute consciemment ce passage, ne nomme pas expressément les apôtres, mais l'équipage du bateau, c'est-à-dire, au fond, l'Église chrétienne (cf. supr. p. 94ij).

5. V. 8, ô)ayo7:iJtot (cf. vi, 30; vin, 26; xiv, 31). V. 12. xo'-e auv^zav ott oùx eItzhv Ttpoar/eiv xkô Tf;ç ^jaT); (D, Ss. trois mss. lat. ; BL ajoutent tôiv apiwv ; X, Se. un ms. lat. zw/^xç-'^xi")/ /.al Sx^îoj/.xi^jv), iXXi à;:o Tfj; ô'.oa/?j; tw/ <I>ap'.jaiwv 7.0.1 Sa5ôouxaîcov.

La référence aux deux multiplications de pains, dans le discours du Sauveur, appartient visiblement au rédacteur qui a introduit les récits dans le second Evangile, et qui, dès la fin de la première multiplication, prévoyait ce qu'il dirait, après la seconde, touchant le levain des pharisiens et Tinintelligence des apôtres ; ce rédacteur a préparé lui-même l'insertion de la parole concernant le levain des pharisiens, en mettant la demande de signes après la seconde multiplication des pains ; la circonstance des pains oubliés a été imaginée pour faire la liaison entre les pains multipliés et le levain des pharisiens; elle caractérise assez bien l'insutlisance des anciens apôtres à procurer l'expansion du christianisme ; mais Matthieu n'a pas vu pourquoi Marc leur avait laissé un pain, et, en leur enlevant toute provision, il a supprimé le symbolisme de ce trait; la situation précaire des disciples dans la barque, avec un seul pain, est parallèle à ce qu'on lit plus haut de la traversée qu'ils faisaient sans Jésus, et doit avoir une signification analogue, mais non identique; les sept corbeilles qu'on emporte après la seconde multiplication, à la différence des douze qu'on emporte après la première, pourraient fort bien signifier que l'évangélisation des Gentils s'est faite par d'autres prédicateurs que les Douze, dont le ministère a servi surtout aux Juifs '. L'intervention des pharisiens, après la seconde multiplication, fait pendant à leur intervention, après la première, pour la querelle au sujet de l'ablution des mains; dans les deux cas, il y a combinaison didactique, non tradition historique sur le rapport des faits; et dans les deux cas, une parole de Jésus, censée incomprise des apôtres, sert de point de départ à un développement qui tend à autoriser l'évangélisation des païens, là par une déclaration qui supprime les observances légales en matière d'aliments et de relations avec les non-Juifs, ici par une allégorie qui fait des deux multiplications de pains le symbole du salut proposé aux Juifs et aux Gentils. L'inintelligence des apôtres est donc une thèse de l'évangéliste, bien plus qu'un fait de 1 histoire; elle figure d'ailleurs une réalité, puisqu'elle signifie, au fond, que les apôtres ne s'étaient pas doutés, pendant qu'ils étaient avec leur Maître, de choses qui ne sont apparues que plus tard, à savoir la destination universelle de l'Evangile, l'abrogation de la Loi, l'institution d'une commu-

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