JACQUES V
que ce fût. Il était bien fatigué quand il arriva au château (ie Stirling, où il fut reçu avec joie par le gouverneur, qu'il avait placé lui-même dans cette forteresse. On leva les ponts-levis, on abattit les herses, on plaça des gardes partout, enfin on prit toutes les mesures que dictait la prudence. Mais le roi craignait tellement de retomber au pouvoir des Douglas, que, malgré toute sa fatigue, il ne voulut se coucher que lorsqu'il eut les clefs du château entre ses mains et qu'il les eut placées sous son oreiller.
Le lendemain matin, Talarme fut grande à' Falkland. George Douglas était revenu la nuit même du départ du roi, sur les onze heures. En arrivant, il demanda où était Jacques, et on lui dit qu'il dormait déjà parce qu'il devait partir de ^rand matin pour la chasse ; il se retira donc do son côté dans une sécurité complète. Mais, le matin venu, il apprit des nouvelles bien différentes . Un nommé Peter Carmichael, bailly d'Abernethy, vint frapper à sa porte et lui demanda s'il savait où était le roi à l'heure qu'il était. a II est à dormir dans sa chambre, dit sir George. — Vous vous trompez, reprit Carmichael, il a traversé le pont de Stirling la nuit dernière. »
Douglas, s'élançant de son Ht, courut à la chambre du roi, frappa à coups redoublés, et, ne recevant pas de réponse, fît enfoncer la porte. En trouvant l'appartement vide, il s'écria : « Trahison ! le roi est parti ! » dépêcha des courriers à ses frères et envoya dans toutes les directions pour rassembler ses partisans et tâcher de reprendre le roi. Mais le roi fît publier à son de trompe qu'il déclarerait traître quiconque du nom de Douglas approcherait à douze milles de sa personne ou prendrait part à l'administration du royaume. Les Douglas durent se soumeltre, et dès lors commença la décadence de leur maison. Jacques V ne leur pardorina jamais. (Walter Scott, Histoire d* Ecosse, î'* série, chap. xxin.)
SECUNDUS CURtON