X\\* SIÈCLE
Gœlius Secundus Gurioii, zélé luthérien, ayant osé accuser de mensonge en pleine église, à Casale, un jacobin qui avait proféré en chaire les calomnies les plus odieuses contre lo chef de la Réforme, fut arrêté aussitôt par ordre de l'inquisiteur de Turin. Après avoir été transféré successivement dans plusieurs prisons, il parvint à s'échapper d'une manière assez adroite pour que ses ennemis l'accusassent d'avoir eu recours à la magie. Afin de se disculper d'une accusation fort dangereuse à cette époque, il publia dans un petit dialogue latin, intitulé Probtis^ la relation de son évasion. Nous en traduisons les passages suivants.
« J'étais, dit-il, enfermé depuis huit jours dans ma nouvelle prison, où Ton m'avait mis aux pieds d'énormes pièces de hois, quand je fus soudainement inspiré par le ciel. Lorsque le jeune homme chargé de me garder entra dans ma chambre, je commençai à le supplier qu'il délivrât l'un de mes pieds de ses entraves. Il devait lui suffire que je fusse, par un seul pied, attaché à une masse si énprme... Gomme il était sans mahce, il se laissa persuader et délivra un de mes pieds. Ainsi se passa ce jour et le suivant, pendant lesquels je me mis à l'ouvrage. J'étais revêtu d'une chemise de toile; je m'en dépouillai et, ôtanten même temps le bas qui couvrait la jambe qu*on m'avait laissée libre, j'en fis un paquet auquel je donnai la