GR011US
appris par le retour de sa servante qu'il était en Brabant et conséquemment en sûreté, elle avoua aux gardes que loiseau avait pris son vol. Le commandant, qui était de retour, courut à Tappartement du prisonnier, demandant à sa femme où il était caché. Après Tavoir laissé chercher quelque temps, elle lui raconta le stratagème dont elle s'était servie. On commença par l'enfermer plus étroitemenl; mais elle présenta une requête aux états-généraux, et quelques jours après elle fut mise en liberté.
I8AAC ARNAULD
Isaac Arnauld était gouverneur de Philisbourg pendant l'hiver de 1635. Cette place, défendue par des fortifications en terre et un large lossé dont Teau était constamment gelée, n'avait qu'une garnison insuftisante. « Les impériaux, bien avertis de toutes ces choses, dit l'abbé Arnauld dans ses Mémoires, eurent peu de peine à former leur plan d'attaque et à l'exécuter. Ils trouvèrent la garnison sous les armes , mais trop faible pour pouvoir soutenir un assaut général. Toute la conduite et toute la valeur du gouverneur ne purent lui servir qu'à se bien défendre et à vendre chèrement sa liberté, après que toute sa «garnison eut été passée au fil de l'épée. Fait prisonnier avec ceux de ses compagnons d'infortune qui survivaient, il fut enfermé successivement dans plusieurs villes, et en dernier lieu à Esslingen.
<( 11 n'ignora pas dans sa prison les bruits qui couraient de lui à la cpur ; on Taccusait d'avoir fait perdre Philisbourg à la France par sa négligence. Dès lors, il ne pensa plus qu'à trouver les moyens de se sauver pour venir détruire ces bruits par sa présence; ce fut dans cette vue qu'il refusa d'être prisonnier sur sa parole. L*entreprise n'était pas aisée, étant gardé par des soldats qui raccompagnaient le soir quand on le menait prendre l'air, et qui couchaient dans son logis, à la porte de sa chambre. Il no