‹ Les évasions célèbresChapitre 34 sur 49 · JEAN BART ET LE CHEVALIER DE FORBIN · texte numérisé non relu

JEAN BART ET LE CHEVALIER DE FORBIN

sais, c est que fiart, ayant fait faire des souliers neufs, ily a deux jours, dit en les essayant qu'ils étaient excellents pour une longue marche. » Les Anglais, trompés par ce renseignement, envoyèrent dans toutes les directions des cavaliers à la poursuite des deux capitaines qui se trouvaient alons au milieu de Ja Manche.

La mer était calme et un brouillard épais dérobait aux croiseurs la petite barque qui s'avançait lentement vers la France. Pendant deux jours et deux nuits, Jean Bart ne quitta pas l'aviron, ramant avec une vigueur infatigable. L'embarcation n'avait que deux avirons ; encore étaient-ils d'une grandeur inégale. Jean Bart manœuvrait le plus grand, les deux mousses et le chirurgien se relayaient au petit. Quant à Forbin, que ses blessures mettaient hors d'état de tenir la rame, il resta au gouvernail pendant toute la traversée.

On découvrit enfîn la côte de Bretagne, et les fugitifs, exténués de fatigue, débarquèrent à JJanqui, petit village à quelques lieues de Saini-Malo. Plus de quarante-huit heures s'étaient écoulées depuis leur départ de Plymouth, mais leur captivité, en y comprenant ces deux jours de navigation, n'avait duré que onze jours. Ils furent reçus avec des transports de joie et comme en triomphe, car, les capitaines marchands, sauvés par eux, avaient exalté leur courage et leur dévouement patriotique, mais tous s'accordaient à croire qu'ils avaient péri dans le combat.

Le premier soin de Jean Bart et de Forbin fut de faire indemniser le pêcheur ostendais que les Anglais avaient rendu responsable de leur fuite, et de faire racheter le brave lieutenant, qui fut rendu à la liberté un mois après l'évasion de son chef. (Adolphe Badin, Histoire de Jean Bart Paris, Hachette, 1867. — Mémoires du chevalier de Forbùi.)

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