‹ Les évasions célèbresChapitre 35 sur 49 · DUGUAY-TROUIN · texte numérisé non relu

DUGUAY-TROUIN

Duguay-Trouin commandait la frégate la Diligente^ de M canons, lorsqu'il tomba par un temps de brume au milieu d'une escadre de six vaisseaux anglais de 50 à 70 canons. Après quatre heures de combat, avec cinq de ces navires, il résistait encore aux instances de ses officiers qui le suppliaient de se rendre, quand un boulet mort le jeta sur le pont sans connaissance. Lorsqu'il revint à lui, il était prisonnier des Anglais. On lui donna d'abord la ville de Plymouth pour prison, et bientôt il eut noué quelques relations qui lui furent utiles lorsque, peu après, on le resserra plus étroitement. Une des compagnies chargées de la garde de la prison avait pour capitaine un Français réfugié, qui devint éperdument amoureux d'une jeune marchande de la ville. Duguay-Trouin reçut ses confidences et promit de faire tous ses efforts pour décider la jeune femme à l'épouser. Profitant du relâchement de surveillance que cette intrigue lui procurait, il sut mettre la marchande dans ses propres intérêts, et s'entendit avec le capitaine d'un navire suédois qui lui vendit une eml^arcation garnie de tous les objets nécessaires, et lui prêta six de ses matelots pour l'aider dans sa fuite. I^endantque son gardien le croyait occupé à plaider sa cause auprès de la belle marchande dans une auberge voisine où il lui avait permis de se rendre à cet effet, Duguay-Trouin sautait

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