‹ Les évasions célèbresChapitre 4 sur 49 · MARIUS · texte numérisé non relu

MARIUS

beaucoup de temps à le tourner. Enfin un de leurs vieillards s*écria qu'il n*y avait pas de passage interdit, quand il s'agissait de sauver Marius ; et lui-même se mit à marcher à travers le bois sacré. Un certain Béléus fournit à Marius un navire que Ton garnit avec empressementdeprovisions de tout genre.

Dans la suite, Marius fit représenter tous ces faits surun tableau, qu'il plaça comme offrande dans le temple près duquel il s'était embarqué alors par un vent favorable. (Plularque, Vie de Marius,)

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Theuderic et Childebert firent alliance, se promirent sous serment de ne pas marcher l'un contre Faulre, et reçurent mutuellement des otages Tun de Tautre pour mieux faire exécuter leurs conventions verbales. Il se trouvait, dans cette livraison d'otages, beaucoup de fils de sénateurs. Mais, la désunion s*étant élevée de nouveau entre les deux rois, les otaijes furent réduits en servitude, etceax qui les avaient reçus en garde s'en firent des esclaves. Cependant, beaucoup d'entre eux s'échappèrent et retournèrent dans leur pays ; un petit nombre seulement fat retenu en servitude. Parmi ceux-ci se trouvait Attalus, neveu du bienheureux Gregorius, évêque de Langres. Vendu comme esclave de l'État, il fut destiné à garder les chevaux, et adjugé à un certain barbare qui habitait le pays de Trêves. Bref, le bienheureux Gregorius envoya à sa recherche des serviteurs qui, l'ayant découvert, offrirent des présents à cet homme ; mais il les refusa, en disant : « Celui-ci, issu d'une si haute origine, doit payer dix livres d'or pour sa rançon. » Au retour des envoyés, un nommé Léon, attaché à la cuisine de l'évê que, lui dit : a Plût à Dieu que tu me permisses, et peutêtre que je serais en état de le ramener de captivité. » L'évèque se réjouit, et Léon fut envoyé sur les lieux. Il essaya d'abord d'enlever secrètement le jeune homme;

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mais il ne le put pas. Alors, prenant un homme avec lui, il dit: « Viens me vendre dans la maison de ce barbare et le prix de cette vente sera ton bénéfice. Tout ce que je veux, c'est d'avoir le moyen d'exécuter plus facilement ce que j'ai résolu. » Le marché ayant été conclu sous serment, l'homme alla, le vendit douze écus d'or, et se retira. Or l'acheteur s'informa de ce que savait faire ce serviteur, qui n'était pas encore au fait de sa maison ; et celui-ci répondit: « Je suis très-habile à apprêter tout ce qui doit être servi sur la table des maîtres, et je ne crains pas qu'on puisse trouver mon pareil dans celte science. Je le dis avec vérité, quand même tu voudrais traiter le roi, je suis en état d'apprêter un festin royal, et personne mieux que moi. » Le maître dit alors : a Le jour du soleil approche (c'est ainsi que la barbarie a coutume de nommer le dimanche) ; ce jour-là j'inviterai dans ma maison mes voisins et mes parents, et je désire que tu me prépares un repas qui excite leur admiration .. » Quand brilla le jour, du dimanche, l'esclave servit un grand festin plein de recherche... Le maître accorda sa faveur à cet esclave 'et celui-ci prit autorité sur tout ce do*nt son maître disposait. Après un intervalle d'un an, comme le maître avait pleine confiance en lui, il s'en alla dans un pré qui était très-voisin delà maison, avec Attalus, l'esclave gardeur de chevaux, puis se couchant à terre loin de lui, chacun le dos tourné, afin qu'on ne vît pas qu'ils causaient ensemble, il dit au jeune homme : « Il est temps que nous pensions à notre pays; je t'avertis donc que cette nuit, lorsque tu auras mené les chevaux à l'écurie, tu ne te laisseras pas aller au sommeil; mais dès que je t'appellerai, sois prêt et partons. » Le barbare avait invité à sa table beaucoup de ses parents, et en outre son gendre. A minuit, les convives se levant de table pour se livrer au repos, Léon suivit le gendre de son maître avec un breuvage et lui [résenta

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à boire dans son logis. Le gendre Tapostropha alors en ces termes : « Dis donc, toi Thomme de confiance de mon beau-père, supposé que tu en aies ie pouvoir, quand est-ce que tu auras le vouloir de prendre ses chevaux et de t'en aller dans ton pays ?» ce qu'il disait par plaisanterie pour s*amuser. Léon, faisant de môme, répondit en riant la vérité: « C'est ce que je compte faire cette nuit, si Dieu le veut. — Plaise au ciel, reprit l'autre, que mes serviteurs fassent bonne garde afin que tu n'emportes rien de mes affaires ! in Et ils se séparèrent en riant. Pendant que tout le monde donnait, Léon appela Attalus et, les chevaux sellés, il lui demanda s'il avait une épée : « Je n'ai rien qu'une petite lance, » répondit-il. Alors Léon entrant dans l'appartement de son maître, lui prit son bouclier et sa framée, et comme celui-ci demandait qui était là, et ce qu'on lui voulait : a Je suis Léon, ton serviteur, répondit l'esclave, et j'éveille Attalus afin qu'il se lève promptementetmène les chevaux au pâturage, car il est appesanti parle sommeil comme un ivrogne. — Fais comme tu veux, » répondit le maître, et en disant cela il se rendormit. Léon sortit, munit d'armes le jeune homme, et trouva ouvertes par une faveur du ciel, les portes de la cour que, pour la sûreté des chevaux, on avait fermées à l'entrée de la nuit avec des clous enfoncés à coups de marteau. 11 en rendit grâces à Dieu et ils s'éloignèrent emmenant aussi le reste des chevaux et emportant leurs effets dans une valise Arrivés à la Moselle, ils furent arrêtés par la présence de quelques personnes et forcés d'abandonner leurs chevaux et leurs effets ; ils gagnèrent l'autre rive en nngeant, étendus sur leurs boucliers. Grâce à l'obscurité de la nuit, ils s'enfoncèrent dans une torètet se cachèrent. La troisième nuit était arrivée depuis qu*ils marchaient sans avoir pris aucune nourriture. Alors, par la permission ^e Dieu, ayant trouvé un prunier chargé de fruits, ils mangèrent et, un peu sustentés, ils entrèrent

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