‹ Les évasions célèbresChapitre 42 sur 49 · LATUDE. S · texte numérisé non relu

LATUDE. S

par les cheveux et le tirai de mon côté ; bientôt nous fûmes hors du fossé et, au moment où cinq heures sonnaient, nous nous trouvions sur le grand chemin.

« Transportés du même sentiment, nous nous précipitâmes dans les bras Tun de l'autre, nous nous tînmes étroitement serrés, et tous deux nous nous prosternâmes pour exprimer au Dieu qui venait de nous arracher à tant de périls notre reconnaissance. Ce premier devoir rempli, nous pensâmes ô changer de vêtements. C'est alors que nous vîmes combien il était heureux que nous eussions pris la précaution de nous munir d'un portemanteau qui en contenait de secs; l'humidité aurait engourdi nos membres, et, ce que j'avais prévu, nous sentîmes le froid bien plus que nous ne lavions fait pendant les neuf heures consécutives que nous avions passées dans l'eau et dans la glace : chacun de nous eût été hors d'état de s'habiller et de se déshabiller lui-même, et nous fûmes obligés de nous rendre mutuellement ce service. Nous nous mîmes enfin dans un fiacre, et nous nous tîmes conduire chez M. de Silhouette, chancelier de M. le duc d^Orléans. Je le con naissais ' beaucoup ; malheureusement, il était à Versailles. »

Ils trouvèrent un asile chez des am's, languedociens conmie eux, et, après être restés cachés un mois, ils partirent séparément pour Bruxelles. D'Alègre, arrivé le premier, fut immédiatement arrêté par les agents français. On le ramena en France, et, quinze ans après, Latude le retrouva à Charenton. 11 était devenu fou. Quant à Latude, il évita, en Belgique, les pièges que lui tendirent les agents de la police française, mais il fut arrêté à Amsterdam et réintégré à la Bastille, où on lui mit les fers aux pieds et aux mains.

En 1764, on le transfère à Vincennes,en lui faisant subir les traitements les plus cruels d'après les ordres de H. de Sartine. Au bout de quelque temps , le gouverneur,

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Guyonnet, le fait tirer de son cachot, lui donne une chambre, lui permet une promenade de deux heures chaque jour dans les jardins du château. - '

« Ce que je trouvai de plus précieux dans cette faveur, ce fut Tespoir qu'elle me procurerait, tôt ou tard, les moyens de m*échapper encore. Pendant huit mois, je ne pus parvenir à le faire ; j*élais surveillé avec tant desoins, qu'il m'était impossible d'exécuter mon projet... Ce n'était qu'au hasard que je pouvais devoir ma liberté. Il s'en présenta un auquel j'étais loin de pouvoir m'attendre.

« Le 25 novembre 1765, je me promenais sur lès quatre heures du soir, le temps était assez serein : tout à coup, il s'élève un brouillard épais ; l'idée qu'il pouvait favoriser ma fuite se présente sur-le-champ à mon esprit, je m'y arrête, mais comment me délivrer de mes gardiens? sans parler dé plusieurs sentinelles qui fermaient les passages, j'ep avais deux à mes côtés avec un sergent; ils ne me quittaient pas une seconde. Je lie pouvais pas les combattre ; je ne pouvais me glisser furtivement et m'éloigner d'eux, leurs fonctions étaient de m'accompagner et de suivre tous mes mouvements... Je m'adresse impudemment au sergent, je lui fais remarquer ce brouillard qui venait de s'élever subitement : « Comment, lui dis-je, trouvez-vous ce temps? — Fort mauvais, monsieur. )> Je reprends à l'instant, avec le ton le plus calme et le plus simple : « Et moi je le trouve excellent pour m'échapper. » En prononçant ces mots, j'écarte, avec chacun de mes coudes, les deux sentinelles qui étaient à mes côtés ; je pousse avec violence le sergent, et je vole ; j'avais déjà passé présd'une troisième sentinelle qui ne s'en était aperçue que lorsque je fus plus loin : toutes se réunissent, on entend crier de tous côtés : Arrête ! arrête ! A ce mot, les gardes s'assemblent, on ouvre les fenêtres ; tout le monde Court ; chacun crie et répète : Arrête ! arrête ! Je ne pouvais échapper. À l'instant je conçois l'idée de profiter de cette

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circonstance pour me frayer un passage à travers la foule de ceux qui s'apprêtaient à ra'arrêter. Je crie moi-même, plus fort que les autres : Arrête! au voleur ! au voleur! arrête! Je fais avec la main le geste qui indique que le voleur est devant ; tous, trompés par cette ruse et par le brouillard qui le favorisait, m'imitent, courent et poursuivent avec moi le fuyard que je paraissais indiquer. Je devançais beaucoup les autres, je n'avais plus qu'un pas à franchir; déjà j'étais à l'extrémité de la cour royale, il ne restait qu'une sentinelle, mais il était difficile de la tromper, parce que nécessairement le premier qui se présenterait devait lui paraître suspect, et son devoir était de l'arrêter. Mon calcul n'était que trop juste. Aux premiers cris qu'elle avait entendus, elle s'était mise au milieu du passage, qui était à cette place très-étroit. Pour surcroît de malheur, cet honime me connaissait ; il se nommait Chenu. J'arrive, il me barre le chemin en me criant d'arrêter ou qu'il me passait sa baïonnette au travers du corps. « Chenu, lui dis-je, vous me connaissez; votre consigne est de m'arrêter et non de me tuer. » Je ralentis ma course, je l'abordai lentement ; lorsque je fus près de lui, je m'élançai sur son fusil ; je le lui arrachai avec tant de violence, que ce mouvement, auquel il ne s'attendait pas, le fit tomber par terre ; je sautai par-dessus ton corps en jetant son fusil à dix pas de lui, dans la crainte qu'il ne tirât sur moi ; et cette fois encore je fus libre. Je me cachai facilement dans le parc, je m'étais écarté du grand chemin, je sautai par-dessus le mur et j'attendis la nuit pour entrer dans Paris, t

Réfugié chez deux demoiselles avec qui il avait entamé une correspondance du haut des tours de la Bastille, et qui avaient inutilement cherché à le servir en distribuant les lettres qu'il leur avait jetées, il ne trouva pas d'autre moyen, pour assurer sa liberté, que d'écrire à M. de Sartine, en lui demandant de devenir son protecteur. 11 sem-

blait que cet esprit actif et lucide, qui sous les verrous calculait si bien ses chances et profitait des occasions avec tant d'adresse et d'énergie, abandonnât Latude aussitôt qu'il était en liberté. Non content d*avoir appelé sur lui Tattentionde H. deSartine, qui n'étaitdéjàquetropéveillée, il ne trouva rien de mieux à faire, lui fugitif, en rupture de ban, que d'aller à Fontainebleau pour y voir M. de Choiseul et H. de la Vrilliére, tous deux ministres, et se recommander i eux. On l'arrêta, bien entendu, et on le ramena à Yincennes, où il fut mis dans un cachot nommé le trou noir. En 1775, il fut transféré à Charenton, et mis en liberté, en 1777, par une lettre de cachet qui l'exilait à Hontagnac, son pays natal, il retarda quelque temps son départ ; enfin il partit, mais à une cinquantaine de lieues de Paris, on l'arrêta de nouveau, et il fut mis à Bicètre. 11 avait alors cinquante-trois ans, et depuis l'âge de vingt* quatre ans il avait passé bien peu d'instants hors de» cachots. Enfin, en 1784, madame Necker eut assez de crédit pour le fs^ire mettre en liberté.

BENIOWSKI

Le comte Beniowski, magnat de Hongrie et ae Pologne, fait prisonnier par les Russes, fut déporté au Kamtchatka. Dès le lendemain de son arrivée dans la petite ville de Bolsha ou Bolchérietzkoî, qui lui était assignée comme résidence, il avait déjà réuni sept de ses compagnons d*exit dans un complot d'évasion. Il ne s'agissait encore que de se procurer un navire pour s'enfuir; plus tard, les choses devaient suivre une bien autre marche. Beniowski n'avait pas trente ans ; aux avantages physiques de la force, de l'adresse et de l'élégance, il joignait une instruction assez avancée qui le mettait au premier rang parmi les autres exilés; aussi devint-il leur chef sans conteste. Le gouver^ neur le chargea de donner des leçons de langues à ses trois filles, dont la plus jeune, Aphanasie, devint éperdument éprise de son maître. Beniowski se servit habilement de sa passion pour mener à bonne fin ses projets.

Le nombre des conjurés, d'abord peu considérable, s'augmenta bientôt ; mais ils eurent à surmonter bien des difficultés. Beniowski et ses afBdés avaient besoin d'argent I pour leur entreprise, et sous ce rapport le hasard et la cupidité de leurs gardiens vinrent lieureusement à leur aide. Les trois principaux personnages de Bolsha étaient le gouverneur, le chancelier et l'hetman des Cosaques. Ces deux derniers ayant reconnu l'habileté de Beniowski auxéichecs,

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imaginèrent de le faire jouer avec les plus riches marchands au pays, qu'il gagnait presque ioujours. Il fut obligé, dans Tintérêt de son entreprise et de ses compagnons, de se prêter à ces manœuvres contre la bourse des convives de Thetman et du chancelier, qui prélevaient la part du lion sur le gain ; on dut bientôt faire aussi la part du gouverneur. Malgré cela, la caisse des conjurés contenait déjà douze mille roubles environ, quand le dépit d'un joueur pensa tout découvrir.

Un marchand, nommé Casarinow, qui avait perdu de fortes somme à ce jeu, fit présent à Beniowski d*une certaine quantité de sucre empoisonné. Le 1*' janvier 1771, les principaux conjurés se rassemblent pour prendre le thé, et à peine en ont-ils avalé quelques tasses qu'ils sont pris d'affreuses douleurs. Un d'eux mourut dans la nuit ; les autres, échappés par miracle, essayent le sucre sur des animaux, reconnaissent ses qualités vénéneuses et, apprenant par là quel est le coupable, ils le dénoncent au gouverneur. On mande Casarinow ; le gouverneur lui propose, en présence d'une nombreuse réunion, de prendre ie thé» Il accepte. « Voyez quel bon cœur ont ces exilés! dit le gouverneur en faisant offrir du sucre à Casarinow; ils m'ont fait, hier, cadeau de ce pain de sucre qu'ils avaient eux-mêmes reçu en présent. » Casarinow pâlit, se plaint d'un malaise subit, veut se retirer; on le retient et, succombant sous l'évidence des faits qu'on lui reproche, il dit avoir voulu faire périr Beniowski pour le punir du complot qu'il a formé d'armer les exilés et de s'emparer d*un vaisseau pour sortir avec eux du Kamtchatka. C'est im conjuré, Pianitsin, qui lui a tout révélé. Trop irrité pour tenir compte de cette inculpation, le gouverneur fait enfermer Casarinow et donne ordre au chancelier de procéder à la conGscationdes biens du coupable età son envoi aux mines, suivant la loi contre les empoisonneurs. Hais Beniowski avait assisté & la scène, caché dans un cabinet, car la loi

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défendait aux fonctionnaires et même aux simples citoyens de communiquer avec les exilés ; on a vu comment on l'observait, quelquefois cependant on y revenait dans les circonstances officielles. Beniowski avait donc entendu la déposition de Casarinow. De retour chez lui, il assemble le conseil des conjurés et leur dénonce la trahison de Pianîtsin, qui était présent. L'assemblée le condamne d'une voix unanime et lui accorde trois heures seulement pour se préparer à la mort. Un prêtre qui était du complot reste seul avec lui ; puis le soir il est conduit hors du village et fusillé.

Quelque temps après, les autorités se rappelèrent la déposition de Casarinow; mais on chercha vainement Pianitsin, et Casarinow fut convaincu d'avoir fait une fausse déposition pour se justifier.

Nous ne pouvons raconter en détail les différents épisodes de cette histoire de quatre mois, pendant lesquels le complot fut plusieurs fois découvert. Les conjurés durent leur salut à la présence d'esprit de leur chef, et surtout à l'ineptie ou à la corruption de leurs gardiens. Peu s'en fallut cependant qu'eux-mêmes ne perdissent tout, par suite de soupçons contre Beniowski. Quelques jours après l'affaire de Casarinow, la pauvre Âphanasie, en présence de son père et d'une foule de personnes invitées à une fête, déclara sa passion pour le comte. Grande fureur du père, qui se calme bientôt quand on lui fait observer que de lui dépend la liberté de Beniowski; tout s'arrange. Beniowski se trouve en faveur plus que jamais et déclaré libre séance tenante. Le bruit s*en répand aussitôt, et quand Beniowski rentre chez lui, il y trouve quatre des principaux conjurés qui lui enjoignent d un air sombre de se rendre à l'assemblée générale. 11 y va et, en entrant, il voit la porte gardée par deux hommes, le sabre à la main ; une coupe de poison est sur la table, au milieu de la chambre. On l'accusait d'avoir acquis sa liberté en trahissant

ses compagnons. Il se justifia sans peine, et son accusaleur fut le premier à Tembrasser avec effusion en se reprochant de l'avoir soupçonné. Bientôt Beniowski obtint du gouverneur que tous les exilôs fussent déclarés libres et qu'ils pussent se réunir pour former une colonie au pays de Lopattka. Mais pendant qu'il avançait ainsi vers son but, la femme du gouverneur, madame Nilovi^, insistait pour que le mariage de sa fille eût lieu'prochainement; d'autre part, un des conjurés, nomme Stephanovsr, s'éprit d'Âphanasie, devint jaloux jusqu'à la fureur, voulut tuer Beniov^ski et révéla presque le complot. On lui fit peur et on lui pardonna, tout en s'assurant de sa personne.

Les conjurés étaient, en effet, parfaitement organisés; ils avaient des armes et des munitions ; enfin, malgré bien des obstacles, on n'attendait que la rupture des glaces pour s'embarquer sur un vaisseau préparé par un des affidés, quand de nouveaux soupçons rendirent les autorités plus défiantes. Beniowski, reconnaissant à des signes nombreux que tout pouvait être compromis d*un instant à Tautre, engagea la jeune Aphanasie, qu'il avait mise dans le secret du complot, à lui envoyer un morceau de ruban rouge en ^s de danger imminent. Tous les conjurés se tinrent prêts et armés. Le surlendemain, leruban rouge fut envoyé par Aphanasie, et le gouverneur dépêchait en même temps un sergent à Beniowski pour rengager & déjeuner. On juge si Tavis de la fille lui donnait envie d'accepter l'invitation du père. Il prétexta une indisposition et remit la visite au len* demain. Le sergent eut la sottisq de lui dire qu'il vint de bonne grâce s'il ne voulait être conduit par force ; et Beniowski lui répondit que si on ^e chargeait encore d'un pareil message près de lâi, il eût soin d'aller à confesse avant de s'en acquitter.

A midi , l'hetman arriva et tùi i^eçu poliment ; mais son air confidentiel , sa bonhomie, ses finesses , assez mal* adroites, il est vrai, tout échoua devant le bon sens de Be-

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niowski. Sur son refus d'aller au fort, le pauvre hetman s'emporta et le menaça de ses Cosaques. Beniowski lui rit au nez ; Thetman, furieux, appelle ses hommes ; Beniowski siftle, cinq de ses compagnons paraissent, Thetman et ses deux Cosaques sont désarmés et mis en lieu sûr.

A cinq heures, le gouverneur envoie un message qui conseille à Beniowski de recourir à la clémence du trône, et le menace de la peine capitale s'il ne remet pas i'hetman en liberté. Le comte répond par écrit pour amuser le gouverneur et, cependant, fait enlever, à défaut du chancelier, qu'on ne put prendre, son neveu et deux autres individus dont il craignait les conseils. L*affaire était engagée.

Le lendemain, le gouverneur envoie quatre hommes et un caporal pour arrêter le comte, qui s'empare d'eux sans coup férir, sous prétexte de les faire boire, et les enferme dans sa cave. Bientôt c'est un détachement qui s'avance vers sa maison, dont il avait fait une forteresse bien gardée. Il marche vers le détachement, lui tue trois hommes, et les autres se sauvent. On lui envoie alors un autre détachement avec un canon. L'officier commandant laisse Beniowski approcher à quinze pas, sous prétexte de parlementer; arrivés à cette distance, les conjurés font feu, leurs ennemis se sauvent ou se jettent la face contre terre, et le canon passe au parti de l'insurrection. Tous les conjurés sont alors rassemblés en un quart d'heure; le canon leur sert à se frayer la roule jusqu'au fort; la sentinelle, en les voyant venir avec cette pièce, les prend pour le détachement qui l'avait emmenée le matin même, et baisse le pont levis. Beniowski et les siens entrent dan> le fort; le comte se rend aussitôt à l'appartement du gouverneur pour le sauver; mais celui-ci lui tire un coup do pistolet, lui saute à la gorge, et Beniowski allait se voir obligé de faire usage de ses armes, quand un autre conjuré casse la tête d'un coup de pistolet au malheureux gouver-

■eor et délivre le comte. Cependant la nuit était venue, et les Cosaques marchaient sur le fort pour lui donner Tassaut; heureuse lient, leurs écheib^s se trouTéreiit trop courtes ; le feu de leurs fusils senit aux conjurés à diriger le pointage de leurs c;inons, qui firent beauccnip de mal aux assiégeants, tandis que les assiégés ne perdirent pas en homme. Le lendemain, les exilés enfermérenl dans l'église de la ville les femmes et les enfants, au nomhre d'environ un millier de personnes, puis ils signifièrent aiix huit cents Cosaques qui bloquaient le fort que s'ils ne se soumettaient pas à eux en déposant los armes et donnant des otages, ils mettraient le fou à féglise. Les Cosaques acceptèrent ers conditions, et les conjurés furent maîtres de la place. Ils avaient perdu neuf hommes et sept d'entre eux étaient blessés grièvement.

Quelques jours après, les exi'és s'emparaient de la corvette de guerre Saint-Pierreet Saint Paul. On rendit les derniers devoirs au pauvre gouverneur; le 9 et le in, ou s'occupa de charger le navire, et les otages furent ren< voyès à la ville, à Texceptioti du secrétaire de la chancellerie, dont on fit le cuisinier du boid pour le punir de ses méchancetés passées, (/était une grande imprudenc»*, mais il ne parait pas que les exilés aient eu às*en^penlir. Enfin, le i I, Beniowski monta à bord, arbora le pavillon de la Confédération de f^ologne, qui fut salué par les canons de la corvette, et quitta le Kamtchatka, non pas comme un prisonnier qui s'évade, mais comme un souverain qui parcourt son empire.

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