‹ Les évasions célèbresChapitre 6 sur 49 · RICHARD, DUC DE NORMANDIE — DIXIÈME SI&CLR · texte numérisé non relu

RICHARD, DUC DE NORMANDIE — DIXIÈME SI&CLR

Guillaume Longue épée, duc de Normandie, venait d'être assassiné près de Pecquigny sur la Somme, et son fils Richard, encore enfant, était appelé à lui succéder, quand Louis d'Oulre-Mer, qui convoitait Théritage du jeune prince, parvint à s'emparer de sa personne et, sous prétexte de lui faire donner une éducation digne de son rang, le fit transporter à Laon. 11 le soumit à la surveillance la plus rigoureuse, se montra dur et cruel à son égard et manifesta même l'intention de lui faire brûler les jarrets, supplice atroce que la politique du moyen âge infligeait quelquefois aux princes qu'elle voulait priver du trône.

Osmond, intendant du jeune Richard, ayant appris la <iécision rigoureuse du roi, prévoyant le sort réservé à fenfant, et le cœur saisi de consternation, envoya des députés aux Normands pour leur mander que leur seigneur Richard était retenu par le roi sous le joug d'une dure captivité. A peine ces nouvelles furent-elles connues, on ordonna dans tous les pays de Normandie un jeûne de trois jours, et l'Église adressa au Seigneur des prières continuelles pour le jeune Richard. Ensuite Osmond, ayant tenu conseil avec Yvon, père de Guillaume de Belesme, engagea l'enfant à faire semblant d'être malade, à se mettre dans son lit, et à paraître tellement accablé par le mal que tout le monde dût désespérer de. sa vie. L'enfant,

exécutant ces intructions avec intelligence, demeura constamment étendu dans son lit, comme s'il était réduit à la dernière extrémité. Les gardiens, le voyant dans cet état, négligèrent leift* surveillance, et s'en allèrent de côté et d'autre pour prendre soin de leurs propres affaires. Il y avait par hasard dans la cour de la maison un tas d'herbe, dans lequel Osmond enveloppa l'enfant, et le mettant ensuite sur ses épaules, comme pour aller donner du fourrage à son cheval, tandis que le roi soupait et que les citoyens avaient abandonné les places publiques, Osmond francîiit les murailles de la ville. A peine arrivé dans la maison de soii hôte, il s'élança sur un cheval et, prenant l'enfant avec soi, il s'enfuit au plus tôt et arriva à CiOuci. Là, ayant recommandé l'enCant a*i châtelain, il. continua à chevaucher toute la nuit et arriva à Senlis au point du jour. Le comte Bernard s'étonna de le voir arriver en si grande hâle et lui demanda avec sollicitude compaent allaient les affaires de son neveu Richard. Osmond lui ayant raconté en dt tail tout ce qu'il avait fait, et l'ayant réjoui plus que de coutume par un tel récit, ils montèrent tous deux à cheval et allèrent trouver Hugues le Grand. Lui ayant raconté l'af faire et demandé conseil, ils reçurent de lui k serment par lequel il engagea sa foi à secourir l'enfant. Aussiiôt ils se rendirent à Couci, avec une grande armée, et, ayant enlevé Richard, ils le conduisirent en grande joie dans la ville de Senlis. (Guillaume de Juiniéges, Histoire des Normands, livre IV, chap. iv).

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