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Lorsque les titres des Seigneurs paraissaient authentiques et n'étaient passupprimés par des règlements nouveaux émanés du roi, le Conseil les maintenait simplement même dans les villes royales. Ainsi, à Béziers, Mgr Aimard Claude de Nicolai, pour maintenir les privilèges honorifiques dont ses prédécesseurs avaient toujours joui, disait-il, soutenait qu'il avait le droit d'être appelé aux Assemblées de la ville et surtout à celles qui se tenaient pour les élections consulaires; d'y assister par lui-même ou par son procureur juridictionnel. Il demandait que les officiers municipaux vinssent prêter serment entre ses mains el prissent la qualité de « juges épiscopaux ». Il adressa directement sa requête au Conseil du roi, afin d'éviter à la ville qu'il était sûr de faire condamner les frais considérables des tribunaux ordinaires. Un arrêt du roi rendu en faveur du prélat porte que « les Officiers de l'Evêque seront convoqués par un billet adressé la veille par le greffier-consulaire aux Assemblées consulaires ».. Les maires, consuls et conseillers politiques prêteront serment entre leurs mains, ils continueront de prendre la qualité de juges de police épiscopaux. Les officiers de l’'Evêque assisteront à ces Assemblées et notamment à celles qui auront pour objet les élections Consulaires, pour les présider et y avoir une place honorifique, « sans pouvoir néanmoinsàraison de ce, y rien proposer à délibérer, ni avoir aucune voix délibérative (1). Les magistrats
(4) Arch. dép. G. 894. — Voici la lettre autographe de l'Evêque Aymard Claude Nicolaï qu’il adresse à l’Intendant, pour le maintien de ses droits honorifiques : « Béziers fournit beaucoup d’affaires. J’en ai une, Monsieur, qui regarde mon Viguier à quila ville refuse les droits honorifiques dont mes prédécesseurs ont joui dans tous les temps. M. Amelot vient de vous renvoyer. pour avoir votre avis, la requête que j'ai présentée au Conseil et qui est appuyée sur les titres les plus anciens. Je vous serai très obligé de vouloir bien vous occuper de cette discussion et de mettre le ministre en état de prononcer La crainte d’occasionner des
municipaux firent entendre d'amères plaintes ets’étonnèrent disant. que dans les villesseigneuriales ce droit était incontestable, comme dans la ville d'Agde où le procureur juridictionnel de l'Evêque remplissait les fonctions de procureur du roidanslesassemblées de l'hôtel de ville caulieu que Béziers, ajoutaient-ils, est une ville rovale dont le roi est seul haut justicier et qu'elle ne tient l'exercice de la police, dans toute son enceinte, que de la seule autorité du roi ». Mais rien n’y fit. L'arrêt du 6 septembre 1778 fut maintenu. Dans certaines villes pareil conflit se terminait à l'amiable. L’exemple suivant rappelle celui que nous avons rapporté pius haut. Les Consuls de Nimes, après avoir contesté à leur évêque Charles Prudent de Bec de Lièvre 1) le droit d'assister à
frais à une Communauté peu riche et accablée de charges, m'a fait préférer la voie du Conseil à celle du parlement. Si j'avais pu même renoncer aux prérogatives de mon siège, je crois que j'aurais évité ce procès. Mais je soutiendrai toujours les droits qui lui appartiennent avec autant de suite que de tranquillité et de franchise. J’ai l'honneur... — Paris, le 1er juillet 1776.
L'évêque fait observer qu’il regrette de se quereller avec la ville. Il appuie sur cette idée dans la lettre suivante : du 2 février 1778 à un ami:
À Monsieur Grenier,
Je suis, Monsieur, très sensible à l'attention que vous avez bien voulu me marquer en m'instruisant de la dernière délibération de MM. de l'hôtel de ville de Béziers... vous êtes le lien qui dêvez nous unir et vous m'épargnerez le chagrin de soutenir desprocès contre des diocésains à qui mon inclination et mon devoir me portent à donner l'exemple de la paix... Mon père... m’estime heureux que vous daigniez vous occuper de cette affaire et il partage toutes les reconnaissances que je vous dois. J'ai eu l'honneur de voir M. votre fils l'ambassadeur qui jouis de la meilleure santé. Agréez... — (Arch. dép. C. 894.)
(4) Voici la lettre à l’Intendant écrite par l’évêque : Nimes 13 mars ANAL:
« À votre passage à Nimes, Monsieur, vous m'aviez promis d'écrire à M. Demerez et de solliciter une lettre du ministre qui en me conservant les honneurs et prorogatives dont j'ai toujours joui et qui seraient énoncés dans cette même lettre, ne préjugerait pas la cessation de ces
leurs Assemblées finirent par reconnaitre qu’il était légitime en tant « qu’accordé par l’arrêt du Conseil du 9 mai 163%, « lequel droit se réduit à occuper la première place, « à opiner le premier » sans avoir voix délibérative. Mais, ajoutaient-ils fièrement, «les Consuls ont le droit « d’opiner librement après Mgr l'Evêque et d’être d’un avis « tel que leurs consciences et leurs lumières pourront leur
honneurs et prérogatives pour mes successeurs. Ce n’est pas ma personne qui m'intéresse. Sur lé bord de ma fosse je ne me repais pas de pareilles choses, mais jene veux pas me déshonorer en consentant qu'on dépouille ma place des décorations qu'elle avait eues précédemment et qu'on n’a attaquées que depuis la formation du nouveau Conseil politique et du séjour de N....
Comme je ne vous dissimulerai pas que le voyage de Paris n’est pas de mon goût à l’âge où je suis, j'ai imaginé de communiquer un projet au Conseil de ville que vous trouverez ci-inelus.
Après toutes les bontés que vous avez eues pour moi dans toutes les secousses que j'ai eues à éprouver, je croirais vous manquer si je faisais cette démarche sans vous l'avoir communiquée et que je différerai jusqu'à votre réponse. Voici donc qu'elle serait mon idée : je porterais moi-même ce projet à M; Demorez, je le prierais de l’examiner avec tels conseillers qu’il voudrait choisir et lorsqu'ils auraient fait leurs réflexions, je les prierais de trouver bon que je me rendisse à la commission pour discuter honnêtement les raisons qu'ils pourraient alléguer ; et, dans la supposition que de part et d'autre on peut convenir de quelque chose, nous vous le communiquerions et j'espère qu’en suivant votre penchant pour lapaixet laconcorde vous voudriez bien faire rendre un arrêt du Conseil pour donner la célérité à un arrangement dont on serait convenu à l'amiable ; mais si vous n'approuvez pas cette idée, je me rendrai à Montpellier pour en conférer avec vous, je ne puis rester plus longtemps dans cet état de violence de me voir tous les jours exposé à de nouvelles difficultés, je partirais pour Paris pour faire valoir de vive voix mes raisons, et j'espère de la justice du roi que lorsque j'aurai faitconnaitre et l'honnéteté de mes procédés vis-à-vis la ville, et les auteurs de tous les troubles que j'éprouve depuis peu d'années on me rendra la justice qui n'est due et qu’on ne voudra pas dégrader une place qui par mille raisons mérite de conserver les honneurs et les prérogatives qui lui ont été précédemment attachés. Je suis. (Voir plus bas la curieuse réponse de lIntendant page 52). — Arch. dép. C. 894.