CHAPITRE V
Dificultés entre l’évêque et le chapitre. —Querelles avec les Récollets de Montréal. —Le gouverneur fait représenter le Turtuje.—Départ de l’évêque pour la
France.--On veut lui faire résigner son évêché.—Son retour à Québec.
Les règlements que Mgr de Saint-Vallier avait obtenus à la cour de France, ne purent ramener la paix entre lui, son séminaire et son chapitre. 1l ne fallait qu’une occasion pour rallumer le feu de la discorde, et eile ne tarda pas à se présenter, M. de la Colombière ayant été nommé chanoine, fut installé par le doyen ; M. de Merlac protesta et prétendit que
: Le droit d'installer les chanoïnes lui appartenait, en sa qualité
de grand chantre. Le chapitre refusa de modifier l'acte
} d'installation, comme l’exigeait M. de Merlac; l’évêque inter- | vint, et condamna le chapitre. «Le chapitre, dit M. le grand b vicaire Langevin, ne put se soumettre à cet acte d'autorité | fait contre le droit; mais au lieu d’en appeler au Saint-Siège,
il suivit la coutume française, et en appela comme d'abus,
} de cette ordonnance, auprès du conseil supérieur. C'était se
mettre dans son tort... Le lendemain, l’évêque (suivant
son droit incontestable en pareil cas) adressa à MM. de Ber- :nières, des Maizerets et Glandelet, dignitaires du chapitre, Lune lettre pour leur interdire le ministère de la prédication Let de la confession dans son diocèse et l’interdit fut signifié à :ces hommes, très estimables d’ailleurs, et que toute la colonie Lrespectait, » (a) Le scandale fut grand, car l'affaire était
(a) Notice Biogruphique sur François de Laval de Montmorency.
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connue partout. Le gouverneur et l’intendant avaient essayé
d'intervenir en faveur du chapitre, et le conseil supérieur À
avait pris connaissance de l’appel. De leur côté, Mgr de Laval et le Père Dablon, supérieur des Jésuites, avaient en vain tenté d'amener l’évèque à un accommodement. Les choses en étaient là, quand des lettres arrivèrent de la cour, pour renvorer, par devant l£s commissaires à Paris, toutes les difficultés qui pouvaient survenir entre l’évêque, le chapitre et le séminaire, toutes choses demeurant en méme état en atten. dant. Le chapitre alors se désista de son appel, et l’interdit fut levé. Il avait duré deux ans.
Mais ce n'était là qu’une des nombreuses causes portées en appel, du Canada, à la cour de France. L’évêque avait, il semble, le don de soulever les querelles autour de lui, et bientôt un concert de plain.es contre son adminisiration allait se faire entendre aux oreilles fatiguées du grand roi.
Comme on l’a vu précédemment, Mgr de Saint-Vallier avait amené d'Europe avec lui quatorze Récollets ; il leur obtint des lettres patentes pour un établissement à Montréal,
les fit nommer aumôniers des troupes du pays, et leur conf |
les missions de Port-Royal et de Plaisance. Ceux de Montréal construisirent bientôt une église, à l’aide des abondantes aumônes que leur fit le séminaire de Sairt-Sulpice, et, quand elle fut terminée, ils y célébrèrent une grande fête, à laquelle
ils invitèrent l’évêque et l’intendant, M. de Callières, gouver: à
neur de la ville, le séminaire, les Jésuites et toutes les per.
sonnes de distinction. Le cérémonial entre l’évêque, le gou-
verneur et l'intendant avaient été longtemps une source féconde de difficultés, mais le roi avait donné un règlement très détaillé qui semblait ne laisser place à aucune dispute.
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MGR DE SAINT-VALLIER 117 nn SR RE roue Malheureusement, comme il n’y était pas question des honneurs dûùs au gouverneur particulier de Montréal, la guerre recommença sur ce terrain. M. de Callières prétendit avoir droit à un prie-Dieu dans l’église, auprès de celui de l’évêque, et les Récollets, pour lui être agréables, lui dressèrent ce prie-Dieu fatal, sur lequel il se mit fièrement. Le prélat fut indigné, essaya en vain de faire comprendre au gouverneur qu'un pareil honneur n’était dû qu’à M.de Frontenac, et, sur son refus de quitter le prie-Dieu, il sortit lui-même de l'église, avant la fin de la messe, et ne vouiut pas assister au banquet qui suivit. Pour comble de malheur, des dames de la ville, ayant trouvé une porte ouverte, ou peut-être forcé une faible clôture de bois, entrèrent dans le couvent pendant le diner, allèrent au réfectoire et quêtèrent le long des tables. Les
- religieux en furent profondément mortifiés, mais le gouver- } neuret l’intendant s’en firent un jeu et, au lieu de les renvoyer, : leur firent donner des rafraichissements.
Cette aventure fit grand bruit dans la ville, et l’évêque ne
| tarda pas à en être instruit. Piqué au vif, dans son zèle et D son indignation, il interdit l'église des Récollets, le 13 mai 1694 Les Pères gardèrent l’interdit pendant deux mois, et, | dans cet intervalle, on tâcha d'en arriver à un accommode- - ment. L'évêque exigeait que le gouverneur de Montréal À renonçât, par écrit, à sa prétention du prie-Dieu, jusqu’à ce : que la cour eût prononcé. M. de Callières le refusa constamment, soutenu qu’il était par le gouverneur général et D l'intendant. Alors l'interdit fut maintenu : mais les Récollets bne se crurent plus obligés de l’observer, et, par un décret du 16 juillet 1694, leur vénérable discrétoire ordonna, «sous L peine de désobéissance, au gardien et à tous les religieux, de
os rentrer ere mer e ares sr rramrdartrsnretattaseinntmnsrssenrienreetrsrare eme nee mn me se
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faire publiquement leurs fonctions comme auparavant.» Les portes de l’église furent ouvertes, le service se fit, les sacre. ments furent administrés plus solennellement que jamais, Un mois après, Mgr de Saint-Vallier leur fit trois monilions juridiques (a) et prononça un second interdit contre leurs personnes, leur ôtant tout pouvoir de prêcher et de confesser, sous peine d’excommunication iso facto, et les déclarant irréguliers pour avoir célébré malgré la censure. Les reli. a gieux ripostèrent, et, par un nouveau décret du ? octobre (l 1694, signifié à l’évêque, le discrétoire déclara l'interdi | nul dans le fond et dans la forme et ordonna & tous les reli.
gieux de continuer leurs fonctions. L’excitation publique ne
fit que s’accroître de jour en jour : les uns regardaient les
Récollets comme excommuniés, et soutenaient qu’on ne pou-
senter allassen M'excepti où toul Bsalle de rendre, donnée,
refusa dé dames dd tions qu’ être ni a
l'exemple bieuse. (a On peu Saint-Val chargea 1 au collèg Suivant, i
vait fréquenter leur église ; d’autres, au contraire, affectaient de s’y rendre plus assidûment, et, parmi ces derniers, on ne manqua pas de remarquer le gouverneur général et M. de Callières.
M. de Frontenac, qui prenait le parti du gouverneur parti. culier, s’avisa, sur ces entrefaites, pour se venger de l’évêque,
leprésent:
il N * Le: é a re ssister.
lu de faire représenter chez lui, à Québec, la célèbre comédie du Lu Mate à jun ï x A » (( JVC €
ll) Tartufe. Pendant trois mois, la maison du gouverneur futun
: « FN R- impures, ( théâtre, où s’exerçaient des comédiens improvisés, et, quand
la troupe fut prête, la pièce fut jouée avec tout l'éclat D (a) M. Par
i : h mais été j qi possible. Le gouverneur ne se contenta pas de la faire repré ER". i . de Latour
es querelles (a) Dans la dernière monition, le prélat, provoqué par les Récollets, donna dit pu être tre les raisons qu’il avait pour les interdire, telles que l’entrée des femmes dans leur couvent, et l’amitié trop marquée du gardien pour le gouverneur, “ amitié, dit le prélat, injurieuse pour le gardien, et contraire à son devoir, pour des intérêts que tout le monde sait, qu’on n'’oserait exprimer, de peur de faire rougir le
papier. *’ Cette monition fut publiée au prône ! (Voir M. de Latour.)
bas pu davant fons qu'on ne E D'après M.
frontenac, po Bpporté par binistre, et de
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jamais.
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ique ne tient les ne pouectaient s, ON ne et M. de
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| senter au château, il voulut que les acteurs et les actrices
allassent jouer dans toutes les communautés religieuses, à l'exception des Récollets. Il les mena d’abord chez les Jésuites, où tout le monde entra avec lui, ensuite à l’hôpital dans la
balle des pauvres, où les religieuses eurent l’ordre de se
rendre, puis enfin au parloir des Ursulines où la pièce fut donnée, en présence de toute la communauté. Le séminaire refusa de recevoir M. de Frontenac et ses comédiens, et les dames de la Sainte-Famille n’acceptèrent aucune des invitations qu'on ne manqua pas de leur faire ; elles ne voulurent être ni actrices, ni spectatrices, et donnèrent ainsi à la ville l'exemple de la modestie, et du respect à l'autorité relibieuse. (a)
: On peut se faire une idée de la sainte colère de Mgr de Saint-Vallier. Cette fois, il ne put lancer d’interdit, mais il chargea le théologal à la cathédrale, et le recteur des Jésuites u collège, de prêcher contre la comédie et, le dimanche Suivant, il fit lire un mandement, pour protester contre la feprésentation de la pièce de Molière et pour défendre d'y assister.
! « Mais au regard des spectacles, et comédies impies, ou impures, ou injurieuses au prochain, qui ne tendent d’elles-
1 (a) M. Parkman (Count Frontenac and New France) croit que le Tartufe n’a mais été joué à Québec, et que tout cet épisode a été probablement inventé par
AM. de Latour. Ce chanoine vint en Canada trente-quatre ans seulement après
es querelles entre l’évêque et le gouverneur ; nous ne pouvons admettre qu’il hit pu être trompé au sujet d'événements qui venaient de se passer ; il n’aurait bas pu davantage tromper le public en les publiant ; il y aurait eu des protesta- Hons qu’on ne trouve nulle part.
Ë D'après M. Parkman, Mgr de Saint-Vallier aurait payé cent pistoles à M. de frontenac, pour l'empêcher de faire jouer la pièce de Molière. Cet incident est ipporté par La Motte-Cadillac, mentionné dans un rapport de l’intendant au Binistre, et dans une lettre de M. de Pontchartrain, etc,
ns
mêmes qu’à inspirer des pensées et des affections tout-à-fait contraires à la religion, à la pureté des mœurs, et à la charité du prochain, comme sont certaines pièces. de théâtre qui tournent la piété et la dévotion en ridicule, qui portent les flammes de l’impureté dans le cœur, qui vont à noircir et à
déchirer la réputation, ou qui, sous le prétexte apparent de R
réformer les mœurs, ne servent qu’à les corrompre, et, sous couleur de reprendre le vice, l’insinuent adroitement et avec artifice dans l’âme des spectateurs, comme pourrait être la comédie du Tartufe, ou de l’imposteur, et autres semblables
Nous déclarons que ces sortes de spectacles et de comédies
ne sont pas seulement dangereuses, mais qu’elles sont abso. lument mauvaises et criminelles d’elles-mêmes, et qu’on ne peut y assister sans péché, et comme telles nous les condam
nons et faisons défenses très expresses à toutes les personnes R
de notre diocèse, de quelque qualité et condition qu’elles soient, de s’y trouver. »
Rien de plus condamnable que la conduite du gouverneur en toute cette affaire : si l’évêque manqua de cette habileté qui ne nuit pas aux meilleures causes, il avait pour lui le bon droit, et il défendit la cause de la religion et des bonnes mœurs. M. de Frontenac se plaignit amèrement de sa sévé. rité, et en appela comme d’abus, au conseil supérieur. Mais il fut ordonné que les parties se pourvoiraient auprès de 8 Majesté, qui ne rendit jamais de décision à ce sujet. (a)
(a) Frontenac mourut en novembre 1698, et fut enterré dans l’église des Récol: lets, “Il paraîssait, dit Charlevoix, avoir un grand fonds de religion, et il en donnt constamment, jusqu’à la mort, des marques publiques. On ne l’accusa jamait d’être intéressé ; mais on avait de la peine à concilier la piété dont il faisait pro fession, avec la conduite qu’il tenait à l'égard des personnes contre lesquelles il
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MGR DE SAINT-VALLIER 121 nn So
out-à-fait Comme on le voit, les causes ne manquaient pas, les plaila charité deurs non plus ; les mémoires arrivés à la cour de tous les sâtre qui côtés donnèrent de graves inquiétudes au roi sur l’état de )rtent les | l'église de Québec, et, le 15 avril 1694, l'archevêque de Paris rcir et à écrivit à Mgr de Saint-Vallier, «que le roi approuvait qu'il fit jarent de R un voyage en France cette année, et que son intention était
, et, sous D qu'il ne différât pas son départ. » nt et avec L'évèque de Québec nomma pour administrer son diocèse, It être la M. Dollier de Casson, supérieur du Séminaire de Montréal, mblables D et quitta Québec dans l'automne de la même année. Le roi comédies était décidé de lui faire donner sa démission, et c’est ce que sont abso. disaent l’archeväque de Paris, M. de Denonville et le Père qu’on ne À Lachaise. M. de la Colombière avait écrit à ce dernier que s condam. Mgr de Saint-Vallier était incapable de gouverner un diocèse, bersonnes M soit en Canada, soit en France, et Louis XIV avait pris con- | qu'elles M naissance de cette lettre. Les officiers contre lesquels l'évêque | avait publié un mandement et qui avaient été rappelés en uverneur . France, ne manquèrent pas non plus e le déprécier de leur à habileté MR mieux auprès des personnes influentes. Tout le monde était bur lui le contre lui : le Séminaire des Missions-Étrangères de Paris, es bonnes MR Les Sulpiciens, les Jésuites, les Récollets, M. de Frontenac, et b sa sévé. | même ceux qui avaient autrefois pris sa défense, y compris ur, Mais M Le Père le Valois. C'est dans des circonstances aussi défavoès de Sa M rables que le prélat se présenta à la cour, au mois de décembre
. (a) re Ë s'était laissé prévenir... Après tout, la Nouvelle-France lui devait tout ce qu’elle était à sa mort, et l’on s’aperçut bientôt du grand vide qu’il y laissait. ?? se des Récol h Le Père Goyer récollet, pron:=za son oraison funèbre.
tilen donnt } Uharlevoix fait erreur quand il dit que Frontenac ne fut pas accusé d’être ccusa jamais » intéressé, Non seulement il fut accusé, mais il paraît bien prouvé qu’il abusa de L faisait pro. à son pouvoir pour faire le commerce des pelleteries avec les Sauvages, (Parkman—
lesquelles il : Count Frontenac.)
1694. Le roi lui fit savoir par M. de Pontchartrain, qu'il s’opposait pour un temps à son retour dans son diocèse, afin sans doute de fournir au prélat les moyens de répondre à ses accusateurs, ou de lui donner l’occasion de résigner volontai. | rement un poste où il avait eu ‘tant de déboires.
Mgr de Saint-Vallier, quoique chagrin de cette décision, s'y soumit avec l'esprit de religion qui ne l’abandonnait jamais, et écrivit à son clergé, pour lui faire connaître ses auprès peines et ses espérances. Jumières
Il demanda en même temps aux communautés religieuses brai et 1 de son diocèse de travailler à procurer son retour, mais il n’y eut que les supérieures des deux communautés de filles de Montréal qui répondirent à son appel. Il sollicita aussi concert le secours de Mgr de Laval, et il lui disait dans une lettre Québec 1 datée du 25 mars 1696 :......, « J'espère trouver des moyens contre le: plus efficaces... quand je serai une fois de retour en lus tard Canada. J'avais compté, Monseigneur, que ce serait cette année, que j'aurais l’honneur de vous y voir, mais la Provi. dence ayant réglé la chose autrement, je me soumets amou. MPa un sain
éclairé s une opi
partis, m ui parla
reusement à ses ordres... Je vous crois plus capable que de zèle I personne de demander et d'obtenir mon retour dans mon circonsta diocèse ; ma disposition présente est cependant de me sou- le bien à mettre entièrement aux ordres de Dieu, non seulement pour peaucouf une année d'absence, mais pour plusieurs années, si Lelle est l'obligati sa sainte volonté.» pes inten
L'ancien évêque ne crut pas devoir se rendre aux vœux de l'évêque : son successeur, Convaincu qu'il valait mieux, pour le bien pance el ( de la paix, obtenir la démission de Mgr de Saint-Vallier, il pas à ce
lui répondit dans ce sens, et le conjura d’imiter la conduite LS à des cl
sis ent RE TER
MGR DE SAINT VALLIER 123 ne ED A 2 AC A 0 SL nm, qu'il de saint Grégoire de Nazianze et de plusieurs autres prélats, èse, afin hui s'étaient démis du gouvernement de leurs églises pour dre à ses Pétablir la paix et l'union.
olontai. «Cependant le roi était fort embarrassé sur le parti ultérieur
hu’il convenait de prendre au sujet de monseigneur de Québec. Voulant se décharger de la responsabilité qu’entrainait l'absence d'un évêque retenu loin de son diocèse, il appela auprès de sa personne pour les consulter, les deux grandes lumières de l’église gallicane, savoir l'archevêque de Cam-
lécision, donnait iitre ses
igieuses brai et l'évêque de Meaux. Fénelon ne se jugea pas assez , mais il éclairé sur les affaires de l’église du Canada pour hasarder de filles bne opinion définitive. Quant à Bossuet, il déclara, de ta aussi Concert avec l'archevêque de Paris, que si l’évêque de ne lettre uébec ne donnait pas de lui-même sa démission, il était moyens ontre les canons de le retenir en France. Quelques semaines tour en plus tard, Louis XIV, animé du désir de concilier tous les ait cette partis, manda à Versailles monseigneur de Saint-Vallier et a Provi- Qui parla à peu près en ces termes :—1Je sais que je m'adresse amou- MPa un saint évêque, tout dévoué à la gioire de Dieu et rempli ble que de zèle pour mon service ; je sais aussi que, à raison des ns mon circonstances, il est devenu très difficile à cet évêque de faire me sou- le bien au Canada, tandis qu'il pourrait sans peine en faire t pour beaucoup ailleurs.»—Sa Majesté ajouta qu’elle aurait de elle est l'obligation à monseigneur de Saint-Vallier s’il entrait dans Ses intentions, et qu’elle aurait soin de lui. A tout cela
œux de l'évêque ne fit que des protestations de respect, de reconnaisle bien sance et d’attachement.—«Mais, dit le roi, vous ne répondez llier, il as à ce que je vous demande.»—«Sire, repartit le prélat, il
bnduite y à des choses sur lesquelles il est plus respectueux de ne
124 NOTIGES BIOGRAPHIQUES
——— pas répondre à Votre Majesté.» (a) Le monarque lui fit al diverses recommandations au sujet de la paix, le laissan libre de partir pour son diocèse quand bon lui semblerait,
Heureux d’un résultat dû à son invincible persévérance Mgr de Saint-Vallier se hâta de dire encore une fois adieu son pays natal et prit passage sur la Gironde. La traversé fut longue et pénible ; les fièvres firent de grands ravage parmi les passagers ; l’évêque lui-même fut dangereusemen malade, et cinq ecclésiastiques sur les quinze qui l’accomp. gnaient, moururent victimes du fléau.
Palais épi Charro Les Tu
A son Baint-Va
(a) Monseigneur de Saint-Vallier et l’Hôpital-Général de Québec.—Histoin C vait fai manuscrite du Séminaire de Québec. L piscopa
bâtiment ogis ave
anal ; il de longu corps du ogis ave ( ouvert e Le rez-de que les a héfectoirc tous voûl est. La bortail es Qui est ur fiques pa raccourci Épiscopau
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1blerait,
sara CHAPITRE VI js adieu À
travers Palais épiscopal.—Fondation des Ursulines des Trois - Rivières.—Les Frères
s ravages Charron à Montréal.—Les Sœurs de la Congrégation.—Missions de l’Acadie.— ''eusemen!
'accompa.
Les Tamaroïs.—Nouveau voyage de l’évêque en France.
A son arrivée à Québec, au printemps de 1697, Mgr de Gaint-Vallier prit possession de son palais épiscopal, dont il avait fait commencer la construction en 1694. « Le palais épiscopal, dit La Potherie, est sur la côte. C’est un grand bâtiment de pierre de taille, dont le principal corps de Logis avec la chapelle qui doit faire le milieu, regarde le anal ; il est accompagné d’une aile de soixante-douze pieds be longueur, avec un pavillon au bout, formant un avant- ( orps du côté de l’est. Et dans l'angle que fait le corps de logis avec cette aile, est un pavillon de la même hauteur, couvert en forme d’impériale, dans lequel est le grand escalier. Le rez-de-chaussée de la principale cour, étant plus élevé que les autres cours et le jardin, fait que dans cette aile, le réfectoire, les offices et La cuisine sont en partie sous terre, ous voûlés de brique, et ne prennent jour que du côté de l'est. La chapelle est de soixante pieds de longueur ; son portail est de l’ordre composite, bâti de belle pierre de taille qui est une espèce de marbre brnt. Ses dedans sont magnifiques par son retable d’autel, dont les ornements sont un raccourci de celui du Val-de-Grâce. Il y aurait peu de palais épiscopaux en France qui pussent l’égaler en beauté, s’il était
ec.—Histoir
fini. Tous les curés de campagne qui ont des affaires part Vers culières à la ville, y trouvent leur chambre, et manger congré, ordinairement avec monsieur l’évêque qui se trouve presque par Jea toujours au réfectoire. » Le but
Comme on le verra, l'évêque ne résida pas longtemps dan malade
cette belle maison épiscopale ; il songeait plutôt à trouva les parc
les moyens de construire des palais pour les pauvres et le; sa fortu malades. Après avoir logé ceux de Québec dans son Hôpital établissd Général, il songea aussi à ceux des autres villes, et, au moï tion du de septembre 1697, il proposa aux Ursulines de Québec & un terra