‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 28 sur 132 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Premières années de Mgr Dosquet. — Il entre à Saint-Sulpice, passe deux ans au Canada et retourne en France. — Supérieur à Lisieux. — Procureur des Missions-Etrangères à Rome. — Evêque de Samos et coadjuteur de Québec.

— Son arrivée en Canada. — Naufrage de ji Éléphant.

Mgr Pierre-Herman Dosquet naquit à Lille, en 1691. Il eutra,en 1715, au Séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, après avoir reçu l’ordre du sous-diaconat, et il y demeura six ans. Alors il manifesta le désir de s’agréger à cette maison, e’ offrit de traverser la mer, pour aller travailler avec les Sulpiciens de Montréal. Son sacrifice fut accepté, et l'abbé Dosquet arriva en Canada, dans le mois de juillet 1721.

Charges de diriger les Sœurs de la Congrégation, il s’acquit bientôt leur estime et leur entière confiance. Malheureusement le climat du pays était absolument contraire à sa constitution, sa santé allait s’affaiblissant de jour en jour, el bientôt, sur Pavis des medecins, il lui fallut repartir pour la France, pour conserver sa vie déjà en danger. L'abbé Dosquet n'oublia pas les bonnes religieuses qu'il avait desservies avec zèle, pendant le séjour de deux ans qu'il fit

à Montréal, et l'on peut dire que, jusqu’à sa mort, il leur

montra le plus grand intérêt. On le voit par la correspondance qu’il entretenait avec la supérieure, et par la peine

qu’il se donna pour faire publier la vie de la Sœur Bour-

le poir Brisac

unir |

geois. (a) cette

Pendant qu’il était à Paris, pour le rétablissement de sa santé, M. Dosquet fut nommé supérieur de la communauté de Lisieux, qui n’était point encore unie au Séminaire de Saint-Sulpice. «M. Le Peletier, qui craignait de voir les

jansénistes introduire leurs erreurs dans cette maison, et qui

quelqu à l’étal

séminé de fair jeta de

savait qu'elle avait, d’ailleurs, besoin de réforme, avait promis à M. l'archevêque de Paris de la pourvoir de bons directeurs ; et ce fut pour ce double motif, qu'il proposa à M. Dosquet d’en prendre la conduite.» (b) Le jeune prêtre n'avait que trente-et-un ans ; mais la sûreté de sa doctrine

plus cé devint

il fut er

gérer le ‘ talents et la régularité de sa vie en faisaient déjà un ecclésiastique distingué, capable de remplir les postes les plus difficiles. Il consacra au soutien de cette communauté non seulement

apostoli

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ses talents et ses vertus, mais encore une partie de sa fortune : de deme

ar, dans une lettre à la Sœur Trottier, de Montréal, il fait coadjute allusion aux grandes dépenses qu'il a été obligé de faire. Il par: «Je vous suis bien obligé, disaitil, de la charité que vous | de nouv avez eue de m'envoyer un baril de capillaire, de ginseng, ete. été déjà En voilà pour longtemps; ainsi, je vous prie, ne m’envoyez subvenir plus rien. Je désire ardemment pouvoir 1-connaitre vos diocèse, bontés ; mais le Seigneur m'en ôte les moyens; qu'il en soil arrivée « béni !» le supéri M. Dosquet ne resta pas longtemps supérieur à Lisieux. A pour la c cette époque, le Séminaire des Missions-Étrangères était sui tances ré à cette cha

(a) L'abbé Faillon.—Vie de la Sœur Bourgeois. (b) L'abbé Failion.—Vie de Ia Sœur Bourgeois.

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MGR DOSQUET 173

le point de disparaître par le manque de sujets, et MM. de Brisacier et Thiberge, qui en étaient supérieurs, désiraient unir leur maison à celle de Saint-Sulpice. Les messieurs de cette dernière congrégation aimèrent mieux leur fournir quelques sujets d'élite, qui pussent donner une nouvelle vie à l'établissement en danger de périr ; de la sorte, les deux séminaires, dont le but n’était pas le même, continueraient de faire le bien, chacun d’après l'esprit de sa fondation. On jeta de suite les yeux sur M. Dosquet, comme étant l’un des plus capables de contribuer à cette œuvre excellente. IL devint bientôt directeur des Missions-Étrangères, et, en 1725, il fut envoyé à Rome. en qualité de procureur général, pour gérer les affaires des missions orientales, Son mérite et ses talents ne tardèrent pas à le faire choisir pour vicaire apostolique dans les Indes, et le Pape Benoît XIIT le sacra lui-même, sous le titre d’évêque de Samos, le jour de Noël de cette même année 1725. Mgr Dosquet continua, cependant, de demeurer à Rome, jusqu’en 1728, époque où il fut nommé coadjuteur de Mgr de Mornay.

Il paraît singulier que l’on eût songé à lui, pour l'envoyer de nouveau en Canada, puisque le climat de ce pays avait été déjà si contraire à sa santé. Mais il avait les moyens de subvenir lui-même à son entretien, il connaissait déjà le diocèse, les besoins de cette église exigeaient la prompte arrivée d'un premier pasteur : toutes ces raisons engagèrent le supérieur de Saint-Sulpice à recommander Mgr Dosquet pour la coadjutorerie de Québec. Ce ne fut que sur les instances réitérées de son ancien maitre, que l’évêque accepta cette charge, qu’il pensait trop lourde pour lui.

Nommé vicaire général de l'évêque de Québec, avec tous les pouvoirs d'administrateur du diocèse, il s'embarqua, dans l'été de 1729, pour aller remplir sa difficile mission.

Parmi les compagnons de voyage de l’évêque, se trouvait

l'abbé de Latour, supérieur de la communauté des philosophes du Séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, et l’un des

Difficultés

casse

ecclésiastiques qui avaient été cédés au Séminaire des

Missions-Etrangères. Mgr Dosquet l'emmenait pour en faire proces le sém

son conseiller et son soutien dans toutes les affaires, et il avait déjà décidé de le faire nommer, par ie roi, doyen du chapitre de la cathédrale, Le vaisseau du roi, ’Éléphant, portait aussi en Canada M. Hocquart, nouvel intendant, les abbés Vallier et Gosselin, et quelques autres prètres qui se rendaient à Montréal. Arrivé à douze lieues de Québec, le navire donna sur un écueil, près du Cap-Brûlé, et sombra

Vente

L'églis l’arrivée entre le l'adminis coadjute pendante

presque de suite. Mais par une protection de la divine

Providence, tous les passagers eurent le temps de débarc ue”, , F mort de |

et furent reçus avec une joie d'autant plus vive que l'on

au sujet (

fêtait, en même temps, leur arrivée et la protection céleste

les corps

dont ils avaient été favorisés dans un si grand péril. (a) . sonne mé

Le chapit My diacre, av

(a) ‘ Personne ne s’est perdu dans ce naufrage, dit la mère Sainte-Hélène, dans une de ses lottres ; on a sauvé Mgr l’évêque de Samos, coadjuteur de Québec, un nouvel intendant, nommé M. Hocquart, et tous les passagers ; ona même retiré de ce pauvre vaisseau quantité d'effets mouillés et gâtés. C’est une grande perte, car il était richement chargé, et la colonie se ressent toujours . beaucoup de ces sortes d'accidents. ”

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